Vers où va-t-on ?L’effondrement de l’empire américain;Pourquoi le public devrait se rebeller contre les vaccinations forcées;La tête de l’hydre : l’ascension de Robert Kadlec

Vers où va-t-on ?

Vers où va-t-on ?  18 juillet 2020 à 05:16

Vers où va-t-on ?


L’effondrement de l’empire américain

Posted: 17 Jul 2020 06:07 AM PDT

Article original de Dmitry Orlov, publié le 7 juillet 2020 sur le site Club Orlov
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
The Collapse of the American Empire - Is America a nation in ...

Paul Craig Roberts, qui était secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration de Ronald Reagan, a annoncé que l’effondrement des États-Unis est inévitable. Pour étayer cette conclusion, il cite quelques Russes dont il respecte les opinions : Andrei Raevsky – alias The Saker – et Dmitry Orlov –  votre serviteur. Je suis flatté, bien sûr, mais je n’ai jamais prétendu que l’effondrement des États-Unis était évitable. « Tous les empires finissent par s’effondrer ; aucune exception ! » Je n’ai pas cessé de le répéter. Depuis que j’ai commencé à écrire sur ce sujet en 2006, je n’ai jamais hésité sur ce point.


À l’époque, j’avais écrit [en français, NdT] :

« L’effondrement des États-Unis semble aussi peu probable aujourd’hui que l’effondrement de l’Union soviétique ne l’était en 1985. L’expérience du premier effondrement peut être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second ».

L’effondrement des États-Unis vous semble-t-il beaucoup plus probable aujourd’hui qu’en 2006 ? Si oui, c’est un bon signe ; sinon, vous devriez manger plus de poisson. Il est riche en oméga-3, ce qui permettra à votre cerveau de mieux fonctionner.

https://lettreelectronique.files.wordpress.com/2020/07/21b22-anatolknotek_nothinglastsforever.jpg

Je ne ressens pas d’envie particulière de me joindre à Paul Craig Roberts et d’annoncer que les États-Unis viennent d’atteindre le point de non-retour car, à mon avis, ils ont dépassé ce point depuis longtemps. Je trouve également assez fâcheux que cette détermination dépende de l’opinion de quelques Russes ; les Américains devraient décider eux-mêmes quand leur empire se sera suffisamment effondré pour appeler son effondrement par son nom : un effondrement. De plus, je ne veux pas participer à l’effondrement de l’Amérique parce que cela contredit la politique russe informelle concernant la chose, qui est bien résumée dans la phrase lapidaire ВСЁ САМИ – « tout par eux-mêmes » : les Américains peuvent s’écrouler sans l’aide de personne, c’est pourquoi les Russes refusent de lever le petit doigt pour ça. Conformément à cette politique, mon objectif est d’informer sur l’effondrement, et non d’y participer.

Et conformément à mon objectif d’informer sur l’effondrement, je souhaite vous fournir les outils pour décider si, et dans quelle mesure, l’Empire américain s’est effondré. Mon approche traite l’Amérique comme un Empire, et suppose qu’elle repose sur les trois mêmes piliers que tous les autres empires depuis leur apparition il y a plusieurs milliers d’années. Ces trois piliers n’incluent pas des éléments secondaires tels que la richesse financière, la puissance économique, la puissance militaire, la supériorité technologique, une population importante ou de vastes possessions territoriales. Les trois piliers sont composés de constructions mentales essentielles. Sans ces constructions, un empire se froisse comme un costume bon marché. L’Empire américain a déjà possédé ces constructions mentales en abondance. Je veux vous donner les moyens de décider par vous-même s’il les a encore.

Beaucoup de gens fondent actuellement leur appréciation de l’ampleur de l’effondrement de l’Amérique sur trois choses :

1. Black Lives Matter et le chaos qui l’accompagne, avec de nombreuses villes américaines pillées et incendiées, une police rendue inefficace et un taux de criminalité qui explose, des gens qui ont peur d’exprimer des opinions contraires à celles que la gauche totalitaire considère comme appropriées par crainte de perdre leur carrière et leur emploi. [C’est le phénomène Cancel culture, NdT]

2. L’effondrement de l’économie américaine et avec elle du marché de l’emploi, avec environ la mise à l’écart de la moitié de la population valide en âge de travailler, des vagues d’expulsion de locataires, de saisie des biens des propriétaires/débiteurs et de faillites d’entreprises, en particulier dans le secteur des services, jusqu’alors largement surdimensionné et parasité. Environ la moitié des propriétaires – détenteurs de prêts hypothécaires – sont prêts à vendre parce qu’ils ne voient pas comment continuer à payer leurs traites.

3. L’effort totalement insensé de contenir le coronavirus en utilisant des demi-mesures inefficaces qui gênent ceux qui ont très peu de chances d’en mourir – la grande majorité – tout en faisant tout ce qui est possible pour infecter les personnes vulnérables, âgées et les malades, afin de collecter ensuite quelques milliers de dollars supplémentaires auprès des compagnies d’assurance médicale ou du Trésor américain tout en les tuant lentement à l’aide de machines de respiration pulmonaire artificielle.

Non pas que ce soit de bonnes nouvelles, mais ce sont les symptômes d’une maladie sous-jacente, et non ses causes, qui sont de nature beaucoup plus générale et systémique. Ces symptômes sont peut-être d’une gravité sans précédent, mais ils ne sont certainement pas sans précédent dans leur ensemble.

Examinons chacun d’entre eux :

1. Aux États-Unis, la vie des Noirs compte – tous les 20 à 30 ans environ, mais presque jamais le reste du temps, pendant lequel on considère qu’il est bien de laisser les Noirs s’entre-tuer, de les emprisonner en masse et de contribuer à leur déchéance en leur fournissant un logement et en distribuant de l’argent et de la nourriture à des familles noires sans père. La routine est maintenant si bien rôdée qu’elle peut être recyclée à l’infini ; ainsi, le Rodney King de 1991 a été réincarné en George Floyd de 2020. Et n’oublions pas l’émeute raciale de Chicago en 1919.

En tout cas, ce n’est pas nouveau et ceux qui pensent que cela conduira à une sorte de mouvement révolutionnaire seront certainement déçus. Les révolutions nécessitent des dirigeants et une vision, et les dirigeants de ce mouvement n’ont rien à offrir en dehors de tactiques de protestation, qui ont également été recyclées. De manière emblématique, le poing levé, symbole de ce mouvement, a fait surface dans presque toutes les révolutions de couleur lancées par les États-Unis dans le monde entier, et il ne s’agit donc que de retours de bâtons.

Dans la politique américaine, les Afro-Américains sont des pions politiques manipulés en permanence à des fins partisanes, notamment par le parti Démocrate. Ils sont des pions politiques depuis la guerre civile, qui était un conflit économique – une lutte pour arracher économiquement le Sud à l’Empire britannique – l’abolition de l’esclavage était une fable moralisante pour cacher la soif de sang des industriels du Nord. En tant que pion politique permanent, la société afro-américaine est maintenue au plus près du point d’ébullition, prête à se révolter au moindre faux pas. Cette condition fait que la société afro-américaine dégénère de plus en plus à chaque génération qui se succède.

Actuellement, les Démocrates sont les instigateurs et les complices des émeutes raciales et du chaos qui en découle, dans une tentative désespérée d’empêcher la victoire de Trump lors de sa réélection. Ce faisant, ils contribuent à détruire le pays de l’intérieur, alors que Trump fait un travail de destruction à l’échelle internationale. Il s’agit d’une manifestation de la séparation des préoccupations au sein du duopole Républicain-Démocrate, ce qui n’est pas nouveau non plus : il est de tradition que les républicains s’occupent de la politique étrangère tandis que les démocrates se concentrent sur la politique intérieure.

Le fort penchant pour l’autodestruction est peut-être un peu nouveau, mais ce n’est pas la seule sphère dans laquelle l’Amérique s’autodétruit actuellement. C’est probablement un symptôme de la sénescence générale de son élite dirigeante. Beaucoup de ses membres dirigeants, y compris les deux candidats à la présidence – Trump et Biden – ainsi que beaucoup d’autres, ont largement dépassé l’âge de la retraite et, très probablement, sont trop séniles pour donner un sens à un monde en mutation rapide. Ils ne sont encore capables que de deux choses : s’accrocher au pouvoir et s’enrichir aux frais de l’État.

Quoi qu’il en soit, des émeutes raciales et d’autres manifestations politiques ont déjà eu lieu auparavant et l’empire américain a continué malgré tout.

2. L’économie américaine s’effondre en effet, et ce depuis plusieurs générations. À un moment donné, probablement vers 1970, lorsque la production américaine de pétrole conventionnel a atteint son maximum, il a été décidé qu’il devrait être possible de permettre aux Américains de vivre perpétuellement au-dessus de leurs moyens en s’endettant de plus en plus tout en accusant des déficits commerciaux toujours plus importants avec le reste du monde.

Bien entendu, cette technique, appelée conventionnellement « pousser le bouchon toujours un peu plus loin », est vouée à l’échec. Chaque fois que l’on pousse le proverbial bouchon un peu plus loin, le gouffre s’approfondit – il s’élève aujourd’hui à plus de 28 000 milliards de dollars pour la seule dette souveraine des États-Unis. Et puis on atteint une petite colline et le bouchon vous revient dessus et vous réduit en miettes. Il semble que cette colline a été rencontrée en 2019 – bien avant que le coronavirus ne commence à faire la une des journaux.

À l’heure actuelle, des millions d’Américains ont perdu leurs moyens de subsistance et succomberont en temps voulu à la malnutrition, à des problèmes médicaux non traités, à l’abus d’alcool et de drogues et, principale cause de mortalité, au désespoir. Cela se produit déjà de plus en plus.

Mais même un tel événement ne suffirait pas à mettre définitivement fin à l’empire américain. Après tout, suffisamment de personnes sont mortes pendant la Grande Dépression pour que celle-ci soit qualifiée d’acte de génocide – puisqu’elle était tout à fait évitable. Le fait fondamental à garder à l’esprit est que les États-Unis ne sont pas un État social et qu’ils ne se consacrent pas au bien-être de leur population. Pour parler franchement, aux États-Unis, la plupart des gens ne comptent pas – ils sont une ressource à utiliser pour faire des profits et amasser des richesses pour le petit nombre qui compte – ceux qui possèdent la ressource. C’est moins un pays qu’un country club ; et si vous n’en êtes pas membre, votre bien-être n’a aucune importance. Vous pouvez mourir en masse et être remplacé plus tard par l’immigration. Où sont les descendants des « coolies » chinois qui ont construit le chemin de fer transcontinental ? Rien ne prouve qu’un grand nombre d’entre eux soient jamais rentrés en Chine. Il est fort probable qu’on leur a simplement donné assez d’opium pour qu’ils se suicident tranquillement.

Ainsi, même un profond échec économique ne signifiera pas nécessairement la fin de l’Empire américain – car ce n’a pas été le cas jusqu’à présent. Les États-Unis peuvent simplement se défaire d’une grande partie de leur population, en la remplaçant au besoin par des migrants en meilleure santé, moins gâtés, mieux éduqués et plus disciplinés et recommencer à zéro, car il y aura encore des profits privés à réaliser jusqu’à ce que le tout dernier arbre, rocher ou tas de gravats soit vendu au plus offrant.

3. La panique face aux coronavirus a été des plus commodes. Elle a été utilisée comme excuse pour les nombreux échecs de ceux qui échouent et comme couverture pour divers types d’activités défensives utiles pour ceux qui n’échouent pas. La Chine et la Russie l’ont utilisée comme prétexte pour mettre au point leurs systèmes de soins de santé et de défense civile afin de contrecarrer toute future attaque bioterroriste américaine. Les Européens, avec leurs résultats lamentables et embarrassants, l’ont utilisée pour démontrer l’état de délabrement de leurs systèmes de soins de santé – à une exception notable : l’Allemagne – ainsi que leur désunion interne en ne se prêtant pas mutuellement assistance. D’un autre côté, ils ont pu utiliser le coronavirus pour arrêter la migration incontrôlée. Et les Américains ont utilisé le coronavirus comme excuse pour couvrir leur échec économique, qui a précédé la peur du virus et l’arrêt économique qui s’en est suivi.

Aujourd’hui, certains membres de l’élite américaine tentent d’utiliser la peur du coronavirus à des fins partisanes afin de détrôner Trump. Selon les statistiques publiées, le coronavirus a tendance à être beaucoup plus infectieux et beaucoup plus mortel dans les États contrôlés par les Démocrates que dans ceux contrôlés par les Républicains – un signe clair que les statistiques sont fausses, puisque les virus ne sont que des brins d’ARN enfermés dans une membrane protéique et, en tant que tels, n’ont pas d’affiliation politique. S’ils semblent être politiquement affiliés, cela indique qu’ils sont utilisés à des fins de propagande.

Outre l’affiliation politique, un autre excellent prédicateur du taux de mortalité des coronavirus est la prévalence des maisons de retraite. Les personnes âgées meurent toujours de quelque chose, et le coronavirus se trouve être l’agent mortel du jour, tandis que les maisons de retraite offrent un environnement propice à la propagation du virus, étant remplies de personnes dont le système immunitaire est affaibli et qui sont proches de la mort pour d’autres raisons.

Malgré la surchauffe de la presse et toutes les tactiques d’intimidation déployées par les épidémiologistes pour gagner leur vie, le coronavirus ne rend pas les gens malades, ni ne les élimine en masse, sans parler de tuer suffisamment d’enfants ou de personnes saines en âge de travailler pour qu’il ait une importance économique. Il est donc farfelu de penser qu’un problème médical aussi mineur suffirait à renverser un empire puissant.

Donc, cessons de considérer des problèmes aussi insignifiants que les émeutes raciales, les dépressions économiques et les virus respiratoires inhabituellement dangereux comme les causes profondes de l’effondrement de l’Empire Américain. Considérons plutôt que cet empire, comme n’importe quel autre, repose sur trois piliers : la culture, l’idéologie et l’histoire. Si l’un d’entre eux est absent, l’effondrement de l’empire devient probable. Éliminez les trois, et son effondrement est assuré. Vers les années 1970, ces trois piliers étaient au sommet de leur forme ; aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Voici à quoi ressemble chacun de ces trois piliers dans le contexte de l’Amérique d’aujourd’hui.

Culture

La culture aux États-Unis n’a jamais atteint le même niveau que, disons, Tolstoï ou Dostoïevski, mais c’était en fait un atout majeur. Comprendre Tolstoï ou Dostoïevski demande une éducation et un sens inné des valeurs morales, ce qui les rend difficiles à vendre à un public ignorant, distrait et immature. Le grand art, dans la mesure où il existe aux États-Unis, est une importation de luxe. Le public des concerts de musique classique est généralement composé de médecins, d’avocats, de dentistes et d’étudiants dans cette discipline, qui étudient pour se produire devant des médecins, des avocats et des dentistes.

Les Américains ont renoncé à tout cet apprentissage fantaisiste et ont créé une culture de super-héros vêtus de lycra qui, inévitablement, sauvent le monde d’un désastre certain. Ils ont montré au monde des machos comme Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis et Sylvester Stallone et des salopes sexy délurées comme Julia Roberts et bien d’autres.

Pendant un certain temps, les Américains ont réussi à dominer le monde dans le domaine de la musique populaire. Ils y sont parvenus en créant le genre de musique qui permettait aux libidineux pathologiques et aux immatures de donner libre cours à leurs pulsions de base. Et ils ont créé une mode qui se dispensait de toutes les subtilités de la distinction sociale et réduisait toutes les apparences à des t-shirts, des blue-jeans et des casquettes de base-ball, le tout éclaboussé de logos à la mode, transformant malgré eux les gens en hommes-sandwichs qui paient pour faire la pub de ceux qui s’enrichissent sur leur dos – au sens propre !

Pendant un temps, la planète entière a tout gobé, surtout les jeunes. Les subtilités de la tradition culturelle locale ont été remplacées par un sabir mondial générique axé sur le plus petit dénominateur commun – une jeunesse ignorante et facilement titillée. Un argent fantastique a été gagné simplement en faisant des copies d’enregistrements, ou en cousant des étiquettes de créateurs sur des vêtements basiques assemblés dans un enfer du tiers monde.

Ariel de Disney

Et puis les Américains sont passés à la vitesse supérieure et ont tout détruit. Le Terminator est une pseudo-femme multi-genre avec une personnalité schizophrénique, et Ariel de Disney est une transgenre trop bronzée. Le capitaine Jack Sparrow a été viré de la série Pirates des Caraïbes à la suite d’une longue et pénible bataille juridique avec son ancienne femme – le comble pour un capitaine de pirates. Les Américains ont décrété que le rap – produit d’une culture de ghetto complètement dégénérée – est vraiment une musique réelle plutôt que ce qu’elle est fondamentalement, c’est-à-dire un bruit obscène, grossier, violent, raciste et misogyne.

Les peuples d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique, du Nord et du Sud, ont maintenant pris conscience du fait que tous ces excréments culturels américains ne sont tout simplement pas normaux, quelle que soit la norme humaine prise comme étalon. Il s’agit d’un produit défectueux que les entreprises culturelles américaines vomissent dans le cadre d’un effort motivé par le profit pour gagner de l’argent tout en corrompant l’esprit des jeunes, à commencer par la population des États-Unis elle-même, qui est son public captif. En regardant ces résultats, le monde voit les Américains tels qu’ils sont en réalité – éternellement infantiles, décadents, sexuellement paumés, vulgaires et aux mœurs dissolues – et il frissonne de dégoût.

Pire encore, les Américains restent dans l’ensemble totalement aveugles à ce regard extérieur, et imperméables au ridicule perçu par presque tout le reste de la planète. L’ambassadeur des États-Unis à Moscou a récemment accroché le drapeau arc-en-ciel LGBT à côté du drapeau américain, ce qui a provoqué une surprise amusée chez les Moscovites : « Pourquoi l’ambassade LGBT hisse-t-elle un drapeau américain ? »

Un empire dont la culture – qui était l’une de ses principales exportations mais qui est devenue un ridicule objet de dérision presque universelle – peut-il durer beaucoup plus longtemps ?

L’idéologie

Pour comprendre la nature de l’idéologie américaine, il est nécessaire de retracer l’histoire du christianisme occidental. À Rome, le christianisme s’est d’abord répandu comme la religion des plébéiens et des esclaves, dont certains ont été martyrisés pour leur foi, mais ont trouvé des adhérents parmi les épouses des patriciens. Sa popularité a fini par croître au point qu’il a supplanté les anciens cultes païens et est devenu la religion d’État de l’Empire romain. L’Empire a ensuite organisé un exode de l’ancienne Rome – dans la langue de l’Apocalypse, la Prostituée de Babylone qui s’asseyait sur sept collines – vers la Nouvelle Rome – alias Constantinople et maintenant Istanbul – où il a continué pendant un autre millier d’années sous le nom d’Empire romain d’Orient, alias Byzance. Pendant ce temps, l’ancienne Rome a été largement abandonnée et a perdu la plupart de sa population. Ses égouts ne fonctionnaient plus, mais les aqueducs continuaient de fonctionner, ce qui en faisait un marécage impaludé.

Et puis ce marécage fut hanté par un minuscule État-nation sectaire dirigé par des moines – dont beaucoup étaient homosexuels et pédophiles – qui ont eu le culot de revendiquer la suprématie spirituelle sur le monde entier. Contrairement au christianisme originel, qui était basé sur un modèle communautaire, le culte papal était une corporation qui prélevait et collectait des impôts – à un taux fixe de 10%, appelé dîme – et contrôlait une grande partie de l’économie. Son chef était doté d’une infaillibilité semblable à celle de Dieu, en fait, il était déifié comme les empereurs romains de l’ère des dieux païens. Le Vatican a été érigé en siège de Dieu sur la planète Terre. Toutes les commandes passées au Ciel par les individus, afin de leur éviter les feux de l’enfer, devaient être acheminées par le siège social pour approbation. Le billet d’entrée au paradis s’appelait une indulgence. Ce faisant, l’appel au communalisme qui est partout dans l’enseignement du Christ a été fortement atténué.

Finalement, certaines personnes en ont eu assez de ces bêtises et se sont rebellées. Le mouvement rebelle s’est appelé protestantisme, et il a engendré de nombreuses sectes. À quelques exceptions près – certaines sectes anabaptistes – au lieu de s’orienter vers le christianisme communaliste originel, les protestants s’en sont éloignés encore plus en s’orientant vers l’individualisme : plutôt que d’être une affaire à régler par la médiation de l’Église, le salut est devenu une affaire strictement personnelle entre un individu et son sauveur – qui, pour autant que l’on sache, pourrait être un démon déguisé. Cela allait directement à l’encontre des premiers enseignements chrétiens : « Ce n’est pas toi qui m’as choisi, mais moi qui t’ai choisi… », a dit Jésus. (Jean 15:16) La position qui place Dieu à l’intérieur de sa précieuse personne est absurdement solipsiste et choisir son « sauveur personnel » est comme choisir son éruption volcanique, son ouragan ou son astéroïde.

Mais les protestants sont allés encore plus loin. Si le salut était une affaire strictement personnelle, alors la grâce de Dieu l’était aussi, et la façon la plus objective d’évaluer si l’on était doté de la grâce de Dieu était de regarder sa valeur nette : les bienheureux étaient évidemment les riches, et plus on était riche, plus on était béni. Très vite, il s’est agi de réaliser l’œuvre de Dieu pour amasser des richesses en les retirant à tous ceux qui, en fonction de leur valeur nette, n’étaient pas aussi favorisés par le Tout-Puissant. Ajoutez un peu de racisme, les races les plus sombres n’étaient clairement pas aussi bénies que les blancs, et vous arrivez à un élément essentiel de l’idéologie impérialiste occidentale. Soit dit en passant, selon cette idéologie, il n’y avait rien de mal à un peu de génocide. Les Américains ont donc perpétré un génocide contre les Indiens d’Amérique, les Britanniques contre à peu près tout le monde, et les Allemands – derniers arrivés dans l’impérialisme occidental – contre les Juifs et les Tziganes, non pas comme une sorte d’aberration criminelle, mais comme une grande et honorable quête.

La dernière étape consistait à retirer Dieu de l’équation. Or, la bonté d’un homme n’était déterminée que par un seul critère : les sommes d’argent en sa possession. La richesse pouvait être amassée par le crime, mais à condition que le criminel n’ait jamais été condamné pour ce crime, sa richesse, en soi, était une preuve non équivoque de sa bonté.

Entrez dans le rêve américain : voici un continent entier à exploiter, et n’importe qui – mais blanc – de n’importe quelle partie du monde pourrait venir en Amérique et « faire le job » – c’est-à-dire amasser des richesses fabuleuses. Cela ferait de lui une bonne personne. Les autres, dont la tentative de réaliser ce rêve devait échouer, mourraient dans la rue, mais cela n’aurait pas d’importance car, dans une logique un peu circulaire, étant fauchés, ils n’étaient pas bons du tout. L’idée que les membres des races sombres – et de certains autres groupes, comme les Irlandais – étaient plus pauvres et donc moins bien lotis, a été conservée, ce qui fait qu’il est bon et approprié de les exploiter pour son enrichissement personnel.

La simplicité de ce système et les possibilités qu’il offrait ont attiré des scélérats de toute l’Europe et d’ailleurs vers le pays des opportunités. De nombreuses vies ont été perdues et de nombreuses grandes fortunes ont été faites. Mais lorsque les années 1970 sont arrivées, les opportunités pour les nouveaux arrivants ont commencé à s’amenuiser et l’idée que le travail acharné et un peu de chance étaient ce qu’il fallait pour « réussir » en Amérique a été remplacée par quelque chose d’entièrement différent : le fait de naître dans la bonne famille avec la bonne quantité de richesses et les bonnes relations politiques est devenu un facteur exagérément déterminant de succès.

Comme il était devenu plus difficile de s’enrichir en travaillant dur, il est devenu plus facile de s’enrichir en poursuivant son employeur pour harcèlement sexuel ou discrimination. Au lieu de travailler dur, il est devenu plus facile de tomber dans une fosse sur un chantier de construction et de vivre ensuite des prestations d’invalidité. Vivre des allocations du gouvernement est devenu une bien meilleure option que d’essayer d’obtenir une somme d’argent équivalente en travaillant pour lui. Et pour les personnes encore employées, de moins en moins nombreuses, la recherche d’un emploi s’est transformée en une course à l’échalote toujours plus stressante, humiliante et précaire, pour un job qui pouvait prendre fin à tout moment. Le rêve américain est ainsi devenu un cauchemar.

Histoire

Dans toute culture, la création et les mythes fondateurs sont universels – chaque petit groupe et tribu en possède. Peu importe que vous pensiez que votre peuple a été arraché à un coquillage par un corbeau – comme le croient les tribus indiennes du Nord-Ouest américain – ou que vous croyiez que vous descendez de l’âme désincarnée d’un extraterrestre qui existait il y a 75 millions d’années – comme le pensent les croyants de la Dianétique de Ron Hubbard. Nos cerveaux fonctionnent de manières mystérieuses, et l’une d’entre elles est telle que si vous n’avez pas de mythe fondateur, vous ne savez pas qui vous êtes ni comment vous devez penser, ressentir et agir.

Il est également assez typique pour les humains de développer et de raconter des histoires épiques sur leurs grands ancêtres : des histoires de héros courageux qui ont lutté contre des monstres et des démons – et qui ont gagné. Ces histoires, lorsqu’elles sont racontées aux jeunes, les rendent fiers d’être qui ils sont et désireux de prouver leur valeur. Toutes ces histoires prodigieuses n’ont pas forcément une fin heureuse : certaines peuvent évoquer des échecs et des défaites épiques et être consignées dans des ballades et des lamentations tristes, mais elles n’en sont pas moins édifiantes parce qu’il y a de la dignité dans la souffrance, surtout si cette souffrance a une cause valable et qu’elle comporte un élément de martyre.

On pourrait s’attendre à ce qu’il soit un peu difficile d’extraire une série d’histoires heureuses et édifiantes de quelque chose qui est apparu au cours du processus consistant à interpréter malencontreusement les Saintes Écritures en remplaçant le communalisme par l’individualisme, puis en remplaçant Dieu par Mammon, et enfin en remplaçant tout cela par un simple lucre dégoûtant, tout en massacrant, asservissant, violant et pillant, d’abord en Amérique du Nord et ensuite dans le reste de la planète. Et pourtant, c’est ce qui a été fait !

La solution a été de concocter une histoire presque entièrement fausse. Dans tous les cas, un faux récit de bien-être a été substitué à ce qui s’est réellement passé dans le but de cacher ou de déguiser les véritables impératifs et motifs et de les remplacer par des fables moralisatrices synthétiques.

Ainsi, un important mythe fondateur est celui des Pèlerins – alias les Puritains – qui ont débarqué sur le Mayflower à Plymouth, Massachusetts, qui ont célébré Thanksgiving avec les Indiens locaux, et qui ont ensuite fondé la colonie de la baie du Massachusetts en 1630. Sauf qu’ils n’étaient pas des pèlerins, mais des colons – membres d’un étrange culte sectaire – et que les Indiens locaux, qui parlaient assez bien anglais et commerçaient beaucoup avec eux, auxquels ils vendaient une herbe sauvage locale que l’on pensait efficace contre la syphilis, qui ravageait l’Angleterre à l’époque – ne voulaient rien avoir à faire avec les puritains. Ces derniers, incapables de chasser, de cultiver ou de pêcher, et désespérés par la faim, ont pillé les potagers des Indiens. Cela ne les a pas aidé à se faire aimer des habitants de la région. Ils disaient des bêtises bizarres sur Dieu et, de plus, sentaient mauvais – pas le genre de personne qu’on invite à une fête de la récolte. De plus, étant membres d’une secte extrémiste, ils ne fêtaient même pas Noël, et donc ils ne seraient pas venus s’ils avaient été invités. Mais ils n’auraient pas pu être invités à une fête de Thanksgiving en tout cas, car la fête de Thanksgiving a été créée par Abraham Lincoln bien plus de deux siècles plus tard. Elle a ensuite été reconvertie pour vendre des dindes congelées, avec de faux pèlerins ajoutés comme gadget publicitaire.

Un autre jour férié important aux États-Unis, le 4 juillet, annoncé comme la fête de l’indépendance, est le résultat d’une révolte fiscale, où de riches colons ont refusé de payer des impôts au trésor impérial britannique alors que le commerce entre la Grande-Bretagne et les colonies se poursuivait. Cette séparation superficielle a eu d’autres avantages au fil du temps : elle a permis aux États-Unis de perpétuer la traite des esclaves au-delà de la loi sur la traite de 1807 et de la loi sur l’abolition de l’esclavage en 1833 ; elle a également permis aux États-Unis de tirer profit du commissionnement de corsaires servant essentiellement comme une colonie de pirates. Mais à bien des égards, les États-Unis et l’Empire britannique sont restés unifiés, et c’est ce qui a permis à l’Empire américain de prendre le relais de l’Empire britannique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Tout cela fait que l’expression « Independence Day » – jour de l’indépendance – n’est pas appropriée.

Par ailleurs, la guerre américano-mexicaine de 1846-1848 (connue sous le nom d’Intervención Estadounidense au Mexique) a été un cas flagrant d’agression territoriale, à la suite de laquelle les États-Unis ont saisi et annexé une grande partie du territoire mexicain. La plupart des souvenirs de cet événement honteux ont été effacés par la suite, et tout ce qui a été conservé est le symbole héroïque de Fort Alamo qui reste un piège à touristes très populaire jusqu’à ce jour.

La plat de résistance pour falsifier et blanchir l’histoire américaine reste la guerre de Sécession. Chaque année, les États-Unis produisent une nouvelle récolte de diplômés qui croient sincèrement qu’il s’agissait de libérer les esclaves alors qu’en fait, ce sont les industriels du Nord qui ont fourni les armes et qui ont voulu réorienter le flux de marchandises exportées depuis le Sud, en particulier le coton, de la Grande-Bretagne vers l’Amérique du Nord en détruisant la petite classe de propriétaires de plantations du Sud qui étaient de solides alliés de la Grande-Bretagne. La libération des esclaves était un spectacle secondaire destiné à donner à cette pure guerre d’agression un vernis moralisateur. Les esclaves n’ont pas vraiment été libérés de toute façon : il y avait la ségrégation, le redlining, les politiques sociales destinées à miner les familles noires, et à ce jour l’esclavage noir est très en vogue dans les prisons privées américaines. Les lois américaines contre le métissage ont été copiées avec empressement par les nazis allemands et utilisées contre les Juifs. Si l’on considère tout cela, la suggestion selon laquelle les blancs du Nord ont sacrifié leur vie pour libérer les esclaves alors que les blancs du Sud – dont la grande majorité n’avait aucun lien avec l’esclavage – ont sacrifié leur vie pour maintenir les noirs en esclavage est tout simplement risible. Et pourtant, c’est ce que les écoliers américains sont obligés de croire.

Certains événements historiques n’ont pas pu être blanchis et sont donc soigneusement oubliés. Par exemple, la guerre de 1812, au cours de laquelle des troupes noires défilant sous le drapeau britannique ont occupé Washington et incendié la Maison Blanche, n’offre pas le bon type de symbolisme et est donc passée sous silence. De même, un examen minutieux des relations des États-Unis avec les indiens autochtones d’Amérique du Nord présente une histoire de génocide qui est, strictement si on s’en tient aux chiffres, le pire génocide jamais perpétré dans l’histoire de l’humanité. Il est donc considéré comme impoli de le mentionner ne serait-ce qu’une fois.

En dehors de la guerre civile américaine, le plus grand crime contre la vérité historique a été commis par les Américains en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale. Pendant la plus grande partie du conflit, 80 % des troupes allemandes ont été déployées sur le front de l’Est, tandis que sur le front de l’Ouest, les nations se sont rendues sans grand combat, puis ont travaillé dur pour contribuer à l’effort de guerre nazi contre l’URSS. Alors que les Américains et les Britanniques étaient formellement alliés à l’URSS contre l’Allemagne, ils souhaitaient ardemment que le Troisième Reich défasse, occupe et démembre l’URSS. Et bien que l’on fasse grand cas du Lend Lease, en vertu duquel les États-Unis fournissaient du matériel de guerre à l’URSS, ces fournitures étaient payées d’avance en or, dans l’attente d’une défaite soviétique rapide, mais ont été pour la plupart livrées après que la défaite de l’Allemagne a été assurée, et n’a pas représenté plus de 12 % du matériel de guerre total fourni à l’Armée rouge ; par conséquent, cela ne pouvait pas être décisif.

En dépit de l’abondante documentation d’archive de ces faits historiques, les Américains continuent de raconter que ce sont eux qui ont gagné la guerre. Le récent discours de Donald Trump lors de la cérémonie de remise des diplômes de West Point, au cours duquel il s’est payé de mots face aux diplômés qui « ont conduit l’Amérique à la victoire sur les sinistres nazis et fascistes impériaux il y a 75 ans » en est un exemple. Il n’a pas mentionné le fait que la guerre avait été gagnée par l’Armée rouge et que les États-Unis avaient joué un rôle secondaire, ne se joignant au conflit que pour s’approprier une partie du butin et seulement après que la défaite de l’Allemagne nazie ait été assurée. Et dès que le projet de destruction de l’URSS par l’Allemagne nazie se fut soldé par un échec, l’alliance a été oubliée et on est passé à la guerre froide et à un effort total pour tenter de détruire l’URSS par une première frappe nucléaire – qui s’est également soldée par un échec.

L’affirmation erronée selon laquelle ce sont les États-Unis qui ont vaincu Hitler est un grave affront à la mémoire historique des Russes pour l’immense sacrifice qu’eux et les autres peuples soviétiques ont fait pour assurer cette victoire. C’est bien plus qu’un exemple de mauvais goût ; c’est un cas de vol de mémoire, et c’est maintenant illégal selon la loi russe. L’un des amendements à la constitution russe, adopté avec un soutien public écrasant le 1er juillet 2020, est le suivant « 67.3 La Fédération de Russie honore la mémoire des défenseurs de la Patrie et protège la vérité historique. Il n’est pas permis de diminuer l’importance de l’exploit du peuple dans la défense de la Patrie ». Ce que Trump a dit à West Point fera automatiquement de lui un criminel en Russie ; tant pis pour son plan secret de demander l’asile politique là-bas une fois que la situation à Washington sera devenue incontrôlable.

Une véritable histoire qui reflète avec précision à la fois les victoires et les défaites, à la fois les actes d’héroïsme et les atrocités, et qui se souvient des grands dirigeants autant que des despotes, des traîtres et des méchants, est indestructible, et un peuple qui est capable d’accepter tout ce qu’il a été, en acceptant le bien et le mal, est inébranlable dans son identité. Le problème d’une histoire construite sur des mensonges est que les mensonges constituent une base très fragile.

Les statues publiques sont en train d’être renversées aux États-Unis en ce moment même. Washington, Jefferson, Lincoln et bien d’autres encore moins connus sont descendus de leur piédestal. Tandis qu’ils se tenaient encore debout, ils ont servi de prétexte à des narratifs prétendûment historiques que l’on disait héroïques et vertueux. Mais que pensez-vous qu’il en ressortira une fois le voile déchiré ?

L’histoire apprend aux gens qui ils sont. Mais qu’est-ce qu’une histoire pleine de mensonges raconte aux gens, si ce n’est qu’on leur a menti sur ce qu’ils sont ?

Il peut être douloureux d’admettre que l’Empire américain est en train de s’effondrer pour les raisons énumérées ci-dessus. La bonne nouvelle est que, pour vous épargner cette peine, vous pouvez toujours suivre la tradition politique américaine contemporaine et rejeter la faute sur la Russie. Je vais vous faciliter la tâche : ce qui suit est un extrait du roman L’art de la touche délicate (Искусство лёгких касаний) de Victor Pelevin, qui est un grand théoricien de la guerre psychologique. Il ne semble pas y avoir de traduction anglaise de ce roman, et la traduction ci-dessous est donc la mienne [avec certaines de mes propres clarifications ajoutées entre crochets].

« Une attaque cynique [psychologique] a été planifiée contre les dirigeants politiques du monde libre. Après l’activation du Russiagate, la « Chimère-Tsar », les Américains allaient se rendre compte qu’un sénateur de Washington et une actrice d’Hollywood exercent la même profession, à la différence que l’actrice souffle à l’oreille d’Harvey Weinstein tandis que le sénateur souffle à celle de Bibi… Je m’excuse, mais ensuite vient une théorie conspirationniste tellement ridicule qu’il est gênant de la répéter. Idéalement, dit Izyumin, tout politicien occidental qui n’est pas une canaille complète et évidente doit être dénoncé comme un agent russe.

À quel résultat cela devait-il mener ?

Les Américains auraient l’impression de ne pas vivre dans une république libre, mais dans un empire oligarchique pourri et que leur pays est le même genre de démocratie contrôlée à distance que [l’URSS], avec le même genre d’application sélective de la loi et d’élections frauduleuses, tout cela basé sur des mensonges. La seule différence serait la manière dont cette gestion totalitaire serait organisée et où la fraude serait cachée… Et, bien sûr, il y aurait une attaque contre la culture. Ce serait la même image sans joie : la tambouille hollywoodienne de synthèse, la publicité obligatoire [pour l’armée et la police], des membres bien entraînés de la classe créative [exposés] dans leurs vitrines sur Internet et des sociétés qui s’efforcent de s’adapter au programme gauchiste en étendant leurs toiles d’araignée high-tech dans l’obscurité spirituelle et en se préparant à poser des pièces de monnaie sur les yeux des futurs cadavres…[C’était une coutume hongroise de fermer les yeux des morts avec des pièces d’argent parce que, s’ils restent ouverts, nous verrions notre propre mort capturée dans leurs yeux, NdT]. Le plus important serait une attaque contre l’identité. La « Chimère-Tsar » créerait une sorte de miroir aux alouettes dans lequel un Américain verrait en lui un animal dépendant et effrayé, préoccupé en permanence par sa survie personnelle, censé à chaque étape démontrer des opinions politiques correctes et un patriotisme superficiel, semblable à celui de l’homme soviétique des années 70. La forme finale, entièrement déployée, de la Chimère a été décrite comme suit : l’Amérique contemporaine est comme l’Union soviétique totalitaire de 1979 avec les LGBT [plus les Black Lives Matter et les Antifa] à la place de la Ligue de la jeunesse communiste, la gestion des entreprises à la place du Parti communiste, la libération sexuelle à la place de la répression sexuelle et l’aube du socialisme à la place du crépuscule du socialisme… la différence étant que dans l’URSS des années 1970, il était possible d’importer des blue-jeans d’Amérique alors que l’Amérique contemporaine est le genre d’URSS où personne n’apportera jamais de blue-jeans. Il était possible de quitter cette URSS, alors que les Américains seraient coincés là où ils sont. Et il n’y aura pas non plus de « Voice of America », juste trois sortes différentes de « Pravda » et un seul immortel changeant de forme [le secrétaire général du Comité central du Parti communiste, Leonid] Brejnev qui se bat violemment contre lui-même. »

Selon Pelevin, la « Chimère-Tsar » rencontrerait une force de dissuasion fabriquée aux États-Unis. Si la Russie osait activer la « Chimère-Tsar » , les États-Unis activeraient leur force de dissuasion, ce qui entraînerait une destruction mutuelle assurée. Cela constitue une bonne intrigue pour un roman, mais elle est historiquement inexacte, car il est clair que les États-Unis avaient préparé leur contre-mesure avant que la « Chimère-Tsar » russe ne soit mise au point, et ils n’ont pas hésité à l’utiliser. Elle avait un nom de code simple et brutal : La fosse à purin géante.

Les États-Unis l’ont déployée contre la Russie dès le milieu des années 1980. Son but était simple : faire croire aux dirigeants russes que leur pays, l’URSS, était une fosse à purin géante, indigente, corrompue, décrépite et vouée à l’extinction. Elle a été si efficace qu’elle a incité les derniers dirigeants soviétiques, dont Gorbatchev et Eltsine, à se tourner vers la trahison pure et simple. L’URSS s’est rapidement effondrée – un résultat qui dépassa les attentes les plus folles. Cet événement a déclenché la mort prématurée de plusieurs millions de Russes qui sont morts de désespoir. Il s’agissait bel et bien d’un acte de génocide.

Miraculeusement, la Russie a réussi à se remettre de cette expérience, et près de trois millions de visiteurs internationaux lors de la Coupe du monde de football en 2018 ont été les témoins d’un pays transformé : modernisé, bien géré, efficace, amical et sûr. C’est à ce moment-là que la chimère de la fosse à purin géante a cessé de fonctionner. Les médias américains et occidentaux continuent à produire un tir de barrage de fausses mauvaises nouvelles sur la Russie, mais les seuls qui prétendent encore les croire sont les Occidentaux eux-mêmes, ainsi que certains membres de l’opposition politique russe financés par l’étranger et payés pour le croire : « Il faut arrêter de parler… d’enseigner des choses qu’ils ne faudrait pas, uniquement par lucre ». (Tite 1:11) Parmi les victimes les plus pathétiques de la fosse à purin géante figurent les immigrants russes en Occident qui s’y accrochent pour justifier l’exil qu’ils se sont imposé.

Quant aux Russes, ils ont vus leur reflet dans les yeux du monde et ont aimé ce qu’ils ont vu. Cette théorie de la conspiration est « tellement ridicule qu’il est embarrassant de la répéter », mais au moment où la Russie était prête à déployer la « Chimère-Tsar«  contre les États-Unis, ces derniers avaient déjà tiré la chasse d’eau et se trouvaient sans défense face à cet assaut minutieusement calculé. Cela fait une bonne histoire, n’est-ce pas ? Mais c’est tout ce que c’est … une histoire.

Mais l’Empire américain n’est pas une histoire, c’est une pompe à richesse. Trois cent millions de personnes ont besoin qu’elle fonctionne – pour obtenir un tribut du reste du monde – pour continuer à se vautrer dans le luxe du style de vie du premier monde au lieu de plonger rapidement dans celui du tiers-monde et de se retrouver dans la ruine.

Quel est le rapport avec les trois piliers que sont la culture, l’idéologie et l’histoire ? Permettez-moi de développer cette question pour vous : qu’attendez-vous d’un peuple dont les icônes culturelles sont des super-héros qui ont perdu leurs super-pouvoirs, dont l’idéologie repose sur la croyance en la bonté d’un lucre sale qui tombe en poussière à cause de l’abus de la planche à billet, dont le bien-être repose sur sa capacité à recevoir l’aumône de cette même planche à billet et dont l’histoire a été réduite à une litanie d’atrocités qu’aucune humiliation publique ne peut racheter ?

C’est une question à laquelle vous devez réfléchir.

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Pourquoi le public devrait se rebeller contre les vaccinations forcées

Posted: 17 Jul 2020 06:00 AM PDT

Article original de Brandon Smithpublié le 30 mai 2020 sur le site alt-market
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Le débat sur la moralité et le caractère pratique des vaccinations forcées fait rage depuis de nombreuses années, bien avant que le coronavirus ne frappe la population américaine. Avec l’avènement de la pandémie, le discours est passé à celui de la « nécessité ». Les médias et la majorité des gouvernements du monde entier agissent maintenant comme si les vaccinations de masse étaient un fait acquis ; le « débat est terminé », comme aiment à le dire les collectivistes lorsqu’ils sont fatigués de devoir faire face à des plaintes logiques ou factuelles.

Dans le cas du nouveau coronavirus, il n’existe pas encore de vaccin, à moins bien sûr que le virus n’ait été conçu ou développé en laboratoire (comme le suggèrent de plus en plus de preuves), et alors il y en a peut-être déjà un. En général, les vaccins prennent des années à être testé et à produire, et chaque fois qu’un vaccin est mis sur le marché à la hâte, de très mauvaises choses ont tendance à se produire.

Le débat sur les vaccins tourne souvent autour de la question de la sécurité. Une inoculation particulière est-elle sûre ou toxique ? A-t-elle des effets à long terme qui sont dangereux ? Nuit-elle aux enfants dont les systèmes corporels sont très sensibles et sous-développés ? Ce sont des préoccupations valables, mais en fin de compte, la lutte pour les vaccins a moins à voir avec la sécurité ou l’efficacité médicale qu’avec les droits individuels par rapport aux exigences des gouvernements.

En d’autres termes, les questions sont plus importantes : L’ingénierie sociale par les gouvernements et les élites doit-elle être autorisée ? Les gens ont-ils le droit de déterminer comment leur corps est médicalement augmenté ou manipulé ? La « sécurité de la majorité » a-t-elle la priorité sur les libertés civiles de l’individu ? Et si oui, qui peut déterminer quelles libertés seront supprimées ?

L’argument juridique

Les tenants de la philosophie de la vaccination forcée avancent généralement un argument juridique ou technique avant de faire appel à l’idée du « bien commun ». Ils le font parce qu’ils savent que la perception du public suppose souvent (à tort) que l’autorité juridique est la même que l’autorité morale.

En 1905, la Cour suprême des États-Unis a été saisie de l’affaire Jacobson contre le Massachusetts, qui portait sur la vaccination antivariolique obligatoire dans les États. Le défendeur a fait valoir, sur la base du 14e amendement, que sa liberté corporelle était violée par l’État s’il était soumis à une vaccination arbitraire sans son consentement. L’État et la Cour suprême étaient d’un avis différent (bien sûr). La Cour suprême a condamné Jacobson au motif que son refus de se faire vacciner mettait d’autres personnes « en danger » et que « pour le bien commun », les États disposent de certains « pouvoirs de police » qui l’emportent sur les libertés individuelles.

Chaque fois que les militants du mouvement pour la liberté s’opposent aux vaccinations forcées pour des raisons constitutionnelles, c’est le contre-argument que le gouvernement et les statistes avanceront. Ils soulèveront l’affaire Jacobson contre le Massachusetts et prétendront ensuite que c’est la fin de la discussion.

En substance, la Cour suprême a soutenu que le gouvernement fédéral ne pouvait pas interférer avec les vaccinations forcées imposées par les États sur la base des droits des États et du 10e amendement. La plupart des gens du mouvement pour la liberté trouveront cela plutôt ironique, car il est bizarre d’entendre dire que le gouvernement fédéral défend les droits des États. Mais ce soutien au 10e amendement est très sélectif.

Tout d’abord, n’oublions pas que la Cour suprême a eu tort à de nombreuses reprises dans le passé. Dans l’affaire Dredd Scott en 1834, la Cour suprême s’est prononcée en faveur de l’esclavage et du droit des États à faire respecter cette institution. Elle a également fait valoir que le 5e amendement protégeait les propriétaires d’esclaves car libérer les esclaves signifiait priver les propriétaires de leur « propriété ».

La Cour suprême a pour habitude de défendre les droits des États et le 10e amendement lorsque les libertés individuelles des personnes sont annulées. Cependant, si une affaire implique des États protégeant des citoyens de l’intrusion fédérale, la Cour se retourne et attaque les droits des États lorsqu’ils œuvrent en faveur de la liberté individuelle ou de l’autodétermination.

L’affaire Jacobson contre le Massachusetts pourrait expliquer pourquoi Trump et le gouvernement fédéral ont laissé aux États le soin de prendre les mesures d’urgence. La préséance juridique a déjà été établie en 1905 sur les quarantaines et les vaccinations forcées par le biais des pouvoirs de police des États, de sorte qu’il s’ensuit seulement que l’establishment utiliserait les États pour mettre en œuvre de telles mesures dans un avenir proche.

Le débat « États contre gouvernement fédéral » établit un faux paradigme. Il n’y a pas de séparation entre les gouvernements des États et le gouvernement fédéral lorsqu’il s’agit de tyrannie – les deux parties l’adorent, même si elles prétendent parfois s’opposer l’une à l’autre. Autrement dit, que ce soit le gouvernement fédéral qui viole vos droits constitutionnels ou le gouvernement des États, la Cour suprême est souvent à l’aise avec les deux.

La vérité dont ils ne veulent pas discuter est qu’au fond, la Déclaration des droits les annule, indépendamment des précédents fédéraux ou du 10e amendement. La clé de la Déclaration des droits est que chaque citoyen américain a des LIBERTÉS INHÉRENTES qui supplantent le pouvoir fédéral et celui des États. Ces droits sont inaliénables. Ils ne peuvent pas être violés aujourd’hui, et la loi ne peut pas être ajustée pour les violer demain. Ces droits et libertés sont ÉTERNELS.

La Cour suprême siffle avec une langue fourchue sur « l’esprit de la constitution » mais ignore l’intention claire et concrète telle qu’énoncée par les fondateurs. Les statistes plaident en faveur de la philosophie du « document vivant » lorsqu’elle leur convient comme moyen de modifier le sens et les lois originales présentées dans la Déclaration des droits, car cela leur permet de violer les libertés des citoyens sous le couvert de la « légalité ». Mais la « légalité » n’est pas identique à la moralité. La légalité n’a pas de sens, et la Cour suprême n’a pas de sens si elle agit contre le fondement constitutionnel de la Déclaration des droits et la liberté individuelle comme elle l’a fait à de nombreuses reprises dans le passé.

L’argument moral

Donc, si nous ne pouvons pas compter sur la légalité pour nous protéger de la tyrannie de l’État, sur quoi pouvons-nous compter ? Les défenseurs des vaccins forcés diront que la moralité est de leur côté également, car si une personne ne se fait pas vacciner, elle expose le reste de la société au risque d’infection. Par conséquent, vos droits individuels doivent être violés afin de protéger les droits du reste de la société. Le problème est que l’affaire Jacobson contre Massachusetts ne présente aucun argument logique à l’appui de cette affirmation, pas plus que les partisans d’un vaccin forcé.

Voyez les choses de cette façon : Comment une personne qui n’est pas vaccinée peut-elle « nuire » à des personnes qui sont vaccinées ? Comment mettent-ils ces personnes en danger ? Si le vaccin fonctionne réellement, alors les personnes vaccinées sont à l’abri de l’infection, n’est-ce pas ? Ainsi, la seule personne « à risque » est celle qui a choisi de ne pas se faire vacciner. Cela revient à un choix personnel, il n’est pas question de « bien supérieur » ou de risque social.

Je trouve fascinant que les personnes qui plaident avec ferveur en faveur des vaccinations forcées (des gens comme Bill Gates) soient aussi celles qui défendent le droit à l’avortement. Ainsi, « mon corps mon choix » est acceptable lorsqu’il s’agit de femmes mettant fin à la vie d’enfants à naître, mais « mon corps mon choix » n’est pas acceptable lorsqu’il s’agit de vaccinations de masse, même si une personne non vaccinée ne constitue une menace pour personne.

Certains défenseurs des vaccins affirmeront alors que les personnes non vaccinées pourraient être l’hôte de « mutations » qui menacent l’immunité de groupe. Le problème est qu’il n’y a pas de preuves pour étayer cet argument. La grande majorité des virus ont tendance à muter en souches MOINS mortelles ou infectieuses, et non pas plus mortelles. Les seuls facteurs atténuants seraient si un virus était délibérément conçu ou fabriqué pour muter de manière non naturelle.

Si un virus est conçu pour muter en une souche très différente et plus mortelle qui peut attaquer les personnes vaccinées, alors le vaccin n’a jamais été utile au départ, et les vaccinations forcées sont inutiles. Une fois de plus, si le vaccin est efficace, il n’y a tout simplement pas de raison de penser qu’une personne non vaccinée met en danger les personnes vaccinées.

L’argument de la conformité

L’argument suivant des partisans de la vaccination forcée est de se demander « pourquoi » ? Pourquoi vous préoccupez-vous du fait que vous soyez vacciné ? De quoi devez-vous vous préoccuper ? Il suffit de s’entendre pour s’en sortir, non ?

Cet argument me rappelle un discours anti-armes courant : Pourquoi avez-vous besoin de porter une arme à feu ? Pourquoi effrayer les autres ? Les chances que vous en ayez besoin sont minces, n’est-ce pas ?

La réponse la plus importante à la question sur les armes à feu est « Parce que c’est mon droit de porter une arme et que j’ai l’intention de l’exercer. De plus, votre peur des armes ne prend pas le pas sur mes libertés constitutionnelles. » Il en va de même pour la vaccination forcée : Parce que c’est mon droit de refuser de me faire injecter TOUT produit pharmaceutique dans mon corps. Vos craintes d’infection n’ont pas d’importance pour mes droits constitutionnels. Si vous voulez vous faire vacciner, c’est votre choix. Laissez-moi en dehors de cela.

Se disputer sur des menaces hypothétiques est une perte de temps. Je porte une arme à feu parce que j’ai le droit d’avoir un moyen de défense au cas où j’en aurais besoin. Je refuse les vaccinations parce que j’ai le droit d’éviter des dommages corporels potentiels au cas où je soupçonnerais un produit défectueux.

Et y a-t-il des raisons de s’inquiéter des vaccins défectueux ? Absolument. Les programmes de vaccination de masse qui ont été mis en place à la hâte ont fait leurs preuves en matière de préjudice pour la santé des personnes.

Avec des globalistes comme Bill Gates, un champion obsessionnel de la dépopulation à la tête de l’effort contre la Covid-19, je n’ai pas l’intention d’accepter un quelconque vaccin contre les coronavirus. Bill Gates a financé de nombreux essais expérimentaux de vaccins par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale de la santé, y compris des programmes de vaccination contre la polio. Ce sont ces mêmes programmes qui ont conduit à des épidémies virales de polio dans divers pays et à des centaines d’enfants paralysés. En fait, les vaccins ont causé plus de cas de polio que le virus de type sauvage. C’est un FAIT VÉRIFIÉ, admis par l’OMS et d’autres sources principales, bien que de nombreux médias de gauche continuent de le nier.

Tout au plus, l’OMS et M. Gates peuvent-ils prétendre que les infections étaient « accidentelles ». Mais si c’est le cas, cela laisserait tout de même entendre qu’il ne faut pas faire confiance aux vaccins développés par les programmes de la Fondation Gates et l’OMS.

En 1976, une alerte à la grippe porcine a permis le lancement d’un programme de vaccination de masse financé par le gouvernement. Le vaccin était défectueux et a été annulé en moins de 10 semaines après avoir provoqué des centaines de cas de syndrome de Guillain-Barre, une maladie neurologique rare qui entraîne une paralysie temporaire et parfois la mort.

En 2008, la société suisse Novartis a testé un vaccin contre la grippe aviaire sur la population sans abri et pauvre de Pologne. Les participants à l’essai du vaccin ont reçu 2 dollars et on leur a dit que l’inoculation était pour la « grippe normale ». Selon un centre pour sans-abri de la région, au moins 21 personnes sont mortes juste après avoir participé à l’essai.

Un cadre de GlaxoSmithCline du nom de Moncef Slaoui a récemment été contacté par Donald Trump pour diriger les efforts du gouvernement pour développer un vaccin contre le coronavirus. Cette nomination devrait être très préoccupante pour le public. Pourquoi ? Parce que Glaxo a une sombre histoire dans le développement de vaccins, y compris un incident en Argentine en 2007-2008 quand ils ont été condamnés à une amende après un essai de vaccin contre la pneumonie qui aurait causé la mort d’au moins 14 bébés. M. Slaoui était alors responsable de la division des vaccins de Glaxo.

Les statistes qui plaident en faveur de la vaccination forcée écarteront tous ces exemples comme de simples « accidents » qui sont « rares ». D’autres prétendront que la lutte contre la pandémie vaut le risque de « quelques décès » dus à des vaccins défectueux. Mais cela n’aborde pas la question centrale de la lutte contre les programmes de vaccination forcée. Une minorité d’élites au sein du gouvernement ou même une majorité d’idiots utiles dans la population générale ont-ils le droit de déclarer un droit de propriété sur votre corps au nom d’un « plus grand bien » arbitraire ? Je dis non, c’est pourquoi je ne me conformerai à aucune mesure de vaccination forcée et je suis prêt à prendre des mesures extrêmes pour m’en défendre si nécessaire.

Comme mentionné ci-dessus, si un vaccin fonctionne, il n’est pas nécessaire de forcer les gens à le prendre. Il protégera ceux qui le veulent et le seul risque est pour ceux qui choisissent de ne pas l’utiliser. Franchement, il ne faut pas faire confiance aux personnes chargées de l’effort de vaccination, elles ont des programmes idéologiques ouverts pour le moins discutables. Leur permettre de dicter ce qui entre dans notre corps s’apparente, au mieux, à de l’esclavage et, au pire, à une possible mort massive.

Brandon Smith

La tête de l’hydre : l’ascension de Robert Kadlec

Posted: 17 Jul 2020 05:53 AM PDT

Article original de Whitney Webb & Raul Diego, publié le 14 mai 2020 sur le site The Last American Vagabond 
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Un puissant réseau d’agents politiques, une mafia mondiale des vaccins et leur homme à Washington.

Vendredi dernier, un groupe de sénateurs démocrates a « exigé«  que le secrétaire adjoint du département de la santé et des services sociaux (HHS) pour la préparation et la réponse (Assistant Secretary for Preparedness and Response – ASPR), Robert Kadlec« révèle avec exactitude tous ses liens personnels, financiers et politiques à la lumière de nouvelles informations selon lesquelles il ne l’avait pas fait auparavant » après qu’il a été révélé qu’il avait omis de noter tous les « conflits d’intérêts potentiels » sur son dossier de candidature.


Le rapport en question, publié lundi dernier par le Washington Post, a détaillé les liens de Kadlec avec un homme nommé Fuad El-Hibri, le fondateur d’une société de « sciences de la vie » d’abord connue sous le nom de BioPort et maintenant appelée Emergent Biosolutions. Kadlec avait déjà révélé ses liens avec El-Hibri et Emergent Biosolutions lors d’une nomination séparée les années précédentes, mais il avait omis de le faire lors de sa nomination à la tête de l’ASPR.
Bien que le Post note que Kadlec a récemment omis de révéler ces liens, l’article a largement assaini l’histoire antérieure mais cruciale de Kadlec et a même obscurci l’étendue de ses liens avec le fondateur de BioPort, entre autres omissions flagrantes. En réalité, Kadlec a bien plus que ses liens avec El-Hibri qui risquent de devenir un « conflit d’intérêts potentiel », car sa carrière de plusieurs décennies dans l’élaboration de la politique américaine de « biodéfense » a été directement rendue possible par ses liens profonds avec les services de renseignement, les grandes sociétés pharmaceutiques, le Pentagone et une foule de personnages corrompus mais puissants.
Grâce à un processus long et délibéré d’introduction de la politique de biodéfense, mené par Robert Kadlec et ses sponsors, 7 milliards de dollars de vaccins, antidotes et médicaments appartenant au gouvernement fédéral – conservés dans des dépôts stratégiquement disposés à travers le pays en cas d’urgence sanitaire – sont maintenant entre les mains d’un seul individu. Ces dépôts, qui composent le stock national stratégique (SNS), sont le domaine exclusif de l’ASPR du HHS, un poste créé sous l’œil attentif de M. Kadlec et adapté au fil des ans pour répondre à ses besoins très spécifiques.
De ce point de vue, Robert Kadlec a le dernier mot sur l’origine du contenu du stock, ainsi que sur la manière, le moment et le lieu de son déploiement. Il est l’unique fournisseur de matériel médical et de produits pharmaceutiques, ce qui fait de lui le meilleur ami des grandes sociétés pharmaceutiques et des autres géants du secteur de la santé qui lui ont prêté une oreille attentive à chaque étape du processus.
Kadlec nous assure cependant que le fait qu’il occupe aujourd’hui le poste qu’il a si longtemps travaillé à créer n’est qu’une coïncidence. « Ma participation au projet ASPR a commencé à l’époque où je travaillais pour le président du sous-comité sur le bioterrorisme et la préparation de la santé publique… Le projet a été adopté et l’ASPR a été créé. Ce n’est qu’une coïncidence si, 12 ou 14 ans plus tard, on m’a demandé de devenir l’ASPR », a déclaré M. Kadlec en 2018.
C’est un hasard du destin, affirme Kadlec, qui l’a vu occuper l’ASPR à ce moment crucial de l’histoire des États-Unis. En effet, alors que le pays est en pleine pandémie de coronavirus déclarée par l’OMS, Kadlec a maintenant le contrôle total des pouvoirs « d’urgence » de ce même bureau, qui lui sont conférés par la loi qu’il a rédigée.
L’histoire de la façon dont un ancien médecin de l’USAF a obtenu la licence de distributeur exclusif de la plus grande réserve de médicaments de l’histoire du monde est aussi troublante que significative à la lumière des événements actuels, en particulier parce que Kadlec est maintenant à la tête de la réponse au coronavirus pour l’ensemble du HHS. Cependant, la montée en puissance de Kadlec n’est pas le fait d’un cerveau maléfique qui conquiert un lieu particulièrement vulnérable des ressources de la nation. Il s’agit plutôt d’un homme profondément enraciné dans le monde du renseignement, du renseignement militaire et de la corruption des entreprises, qui réalise consciencieusement la vision de ses amis dans les hautes sphères et derrière des portes closes.
Dans ce troisième épisode de « Ingénierie de la Contagion : Amerithrax, coronavirus et l’essor du complexe biotech-industriel », Kadlec est le porte-parole d’un groupe soudé d’« alarmistes face à la bio-terreur » du gouvernement et du secteur privé, qui se sont fait connaître grâce à leur penchant pour imaginer les scénarios les plus horribles, et pourtant fictifs, qui ont inspiré la peur aux présidents, aux politiciens de haut niveau et au public américain. Parmi ces scénarios fictifs figure l’exercice « Dark Winter » dont il est question dans la première partie.
Certains de ces alarmistes, parmi lesquels des « guerriers du froid » de l’époque où Fort Detrick développait ouvertement des armes offensives, se sont lancés dans des expériences et des études inquiétantes sur l’anthrax tout en développant des liens suspects, en 2000, avec une société appelée BioPort. Comme indiqué dans la deuxième partie de cette série, BioPort risquait de tout perdre début septembre 2001 en raison de la controverse sur son vaccin contre l’anthrax. Bien sûr, les attaques à l’anthrax de 2001 qui ont suivi peu après allaient tout changer, non seulement pour BioPort, mais aussi pour la politique de bio-défense américaine. Le décor étant planté, Kadlec allait rapidement passer à l’action, guidant des changements politiques majeurs à la suite d’événements et de catastrophes majeurs ultérieurs, pour aboutir à son couronnement en tant que roi du stock.

Le fou accidentel


Robert Kadlec se décrit comme un « touriste accidentel » en ce qui concerne son introduction à la guerre biologique. Médecin de l’armée de l’air spécialisé dans les maladies tropicales, Kadlec dira plus tard que son intérêt pour ce domaine a commencé lorsqu’il a été affecté comme assistant spécial pour la guerre chimique et biologique au Commandement des opérations spéciales interarmées (JSOC), conseillant le major général Wayne Downing, alors à la tête du Commandement des opérations spéciales, à la veille de la première guerre du Golfe.
Kadlec déclarera plus tard qu’il a été le témoin direct de la façon dont l’armée, juste avant la guerre du Golfe, « manquait d’équipements de protection, de détecteurs et de contre-mesures médicales nécessaires, y compris de vaccins et d’antibiotiques contre les menaces immédiates posées par l’Irak », ce qui l’aurait incité à vouloir améliorer les efforts de bio-défense des États-Unis.
Alors qu’il occupait ce poste au JSOC, Kadlec a bénéficié des conseils de William C. Patrick III, un vétéran du programme américain d’armes biologiques qui avait développé la méthode américaine de militarisation de l’anthrax et détenait pas moins de cinq brevets classés relatifs à l’utilisation de la toxine en temps de guerre. Patrick, qui avait quitté le service gouvernemental en 1986 pour devenir consultant, a informé le Pentagone – alors dirigé par Dick Cheney – que le risque d’une attaque de l’Irak par des armes biologiques, en particulier l’anthrax, était élevé. L’avertissement de Patrick a incité l’armée américaine à vacciner des dizaines de milliers de ses troupes en utilisant le vaccin controversé contre l’anthrax « anthrax vaccine adsorbed (AVA) ». Kadlec allait personnellement injecter de l’AVA à environ 800 membres des forces armées américaines.
Kadlec notera plus tard dans un témoignage au Congrès qu’aucune preuve définitive d’un prétendu programme d’armes biologiques irakien n’a été trouvée pendant la guerre ou après, mais il a néanmoins affirmé ailleurs que « les irakiens ont par la suite admis s’être procuré de grandes quantités d’un agent biologique – l’anthrax et la toxine botulique », ce qui suggère que les avertissements de Patrick avaient un certain fondement dans la réalité.
Cependant, Kadlec a omis de préciser que ces échantillons d’anthrax et de botulisme avaient été vendus, avec l’entière approbation du gouvernement américain, au ministère irakien de l’éducation par une organisation privée américaine à but non lucratif appelée American Type Culture Collection. Donald Rumsfeld, qui était alors un envoyé de l’administration Reagan et dirigeait une société pharmaceutique vendue plus tard à Monsanto, serait également impliqué dans l’envoi de ces échantillons en Irak.

Joshua Lederberg

Après la guerre, le microbiologiste américain Joshua Lederberg a été chargé par le Pentagone de diriger l’enquête sur le « syndrome de la guerre du Golfe », un phénomène que l’on reliera ensuite avec les effets néfastes du vaccin contre l’anthrax. Le groupe de travail de Lederberg a fait valoir que les preuves d’une association entre la symptomatologie et le vaccin contre l’anthrax étaient insuffisantes. Cependant, il a été critiqué par la suite après qu’il a siégé au conseil d’administration de l’American Type Culture Collection, la société même qui avait expédié de l’anthrax au gouvernement irakien entre 1985 et 1989 avec la bénédiction du gouvernement américain. Lederberg a admis plus tard que l’enquête qu’il a menée n’avait pas consacré suffisamment de « temps et d’efforts à creuser les détails ». Les conclusions du groupe de travail ont ensuite été sévèrement critiquées par le Government Accountability Office.
Le Dr Lederberg s’avérera être un précurseur, voire un pionnier, dans l’évolution de la position de Robert Kadlec sur le thème de la guerre biologique. Le lauréat du prix Nobel et président de longue date de l’université Rockefeller a été l’un des pères de l’alarmisme en matière de bioterrorisme aux États-Unis, aux côtés de William C. Patrick III et d’autres membres d’un groupe soudé de microbiologistes dits « guerriers du froid ». Kadlec et Lederberg ont ensuite collaboré à plusieurs livres et études politiques à la fin des années 1990 et jusqu’en 2001.
Des années plus tard, lors d’une audition du Congrès, Kadlec a déclaré que les paroles de Lederberg « résonnent constamment en moi et servent d’avertissement pratique ». Outre Lederberg, Kadlec écrivait également de nombreux livres et articles avec Randall Larsen, qui allait plus tard engager le médecin pour enseigner « la stratégie et les opérations militaires » au National War College, où l’ami proche de Larsen – William C. Patrick III – enseignait également.

Une oasis empoisonnée

Nombre des divagations de Kadlec en matière de bioterrorisme ont été préservées dans des manuels vieux de 25 ans, comme un manuel de l’US Air War College intitulé « Champ de bataille du futur » où Kadlec demande au gouvernement de créer un stock massif de médicaments et de vaccins pour protéger la population contre une attaque d’armes biologiques, en particulier l’anthrax ou la variole. Dans un chapitre, Kadlec soutient que « les stocks d’antibiotiques, d’immunoglobulines et de vaccins nécessaires devraient être fournis, maintenus et facilement disponibles pour être administrés en quelques heures ».
Au moment de la rédaction du présent rapport, le point de vue de Kadlec sur la question a été fortement influencé par sa première mission en tant qu’inspecteur en désarmement de l’UNSCOM en Irak en 1994, où il était accompagné, entre autres, par William Patrick. Kadlec est ensuite retourné en Irak au même titre en 1996 et 1998, à la recherche des prétendues réserves irakiennes d’anthrax militarisé dont Patrick était si sûr qu’elles existaient, mais qui ne se sont jamais matérialisées.
Après trois visites, Kadlec avouera plus tard que, malgré ce qu’il a appelé « le régime d’inspection et de contrôle le plus intrusif jamais conçu et mis en œuvre » par l’ONU, les inspecteurs en désarmement de l’UNSCOM, dont lui-même et William Patrick, « n’ont pas réussi à découvrir de preuves irréfutables d’un programme offensif d’armes biologiques ». Kadlec est ensuite retourné en Irak à deux reprises après l’invasion américaine de 2003, ne trouvant là encore aucune preuve de l’existence du programme.
En 1995, Kadlec était déjà imprégné de l’alarmisme en matière d’armes biologiques qui avait été défendu par Lederberg et Patrick. Cette année-là, il a élaboré plusieurs « scénarios illustratifs » concernant l’utilisation de la « guerre économique et biologique » contre les États-Unis. L’un de ces scénarios fictifs, intitulé « terrorisme du maïs », implique que la Chine planifie « un acte de terrorisme agricole » en pulvérisant clandestinement la rouille des semences de maïs sur le Midwest à l’aide d’avions de ligne commerciaux. Le résultat du scénario de « terrorisme du maïs » est que « la Chine gagne une part importante du marché du maïs et des dizaines de milliards de dollars de profits supplémentaires grâce à sa récolte », tandis que les États-Unis voient leur récolte de maïs anéantie, ce qui entraîne une hausse des prix des denrées alimentaires et l’importation de maïs par les États-Unis. Un autre scénario, intitulé « C’est de la piquette », implique que des « vignerons européens mécontents » libèrent secrètement des pucerons du raisin qu’ils ont cachés dans des boîtes de pâté pour cibler les producteurs de vin californiens.
À peu près à la même époque, en 1994, le relativement jeune Bureau d’évaluation technologique du Congrès (Congressional Office of Technology Assessment ou OTA), qui a éclairé les décisions politiques sur les questions de complexité technologique et scientifique en matière de sécurité nationale, a été supprimé par la nouvelle majorité républicaine qui a remporté les deux chambres lors des élections cruciales de mi-mandat de 1994. Au moment de la perte de ses fonds, Lederberg siégeait au Conseil consultatif d’évaluation technologique de l’OTA (OTA-TAAC), aux côtés d’initiés de l’industrie pharmaceutique de Bristol-Myers Squibb, Lilly Research Labs et Smith-Kline avant la fusion, et présidait l’un de ses derniers groupes d’étude.
À la place de l’OTA, une entité indépendante à but non lucratif appelée The Potomac Institute for Policy Studies (PIPS) a été cofondée par un consultant spécial du Foreign Intelligence Advisory Board (PFIAB) du président H.W. Bush et un ancien contrôleur des programmes de la CIA, Michael S. Swetnam, qui aurait été « chargé de dresser le profil d’Oussama Ben Laden avant que les attentats du 11 septembre ne soient perpétrés ».
La suppression du financement de l’OTA et la création ultérieure du PIPS ont éloigné du Congrès la prise de décision sur les questions peut-être les plus sensibles de la sécurité nationale et l’ont confiée à une fondation privée qui regroupe des opérateurs issus des vastes secteurs du complexe militaro-industriel (MIC). D’anciens officiers militaires, des scientifiques de la DARPA, des experts en politique de la NASA, des agents du FBI, des agents de la CIA et des entrepreneurs de la défense comme Northrop Grumman figurent tous sur leurs listes de membres et dans leurs salles de conseil.
Le PIPS et ses sponsors ont suivi la carrière de Robert Kadlec au sein du gouvernement depuis le tout début et restent aujourd’hui très proches de lui. Une personne, liée au PIPS, devait travailler en particulière étroite collaboration avec Kadlec, Tevi Troy – chercheur principal au PIPS et chercheur adjoint au beaucoup plus raffiné Institut Hudson, qui est lui-même un important bailleur de fonds de l’IPFPC. Tevi Troy a longtemps joué un rôle essentiel dans l’élaboration du programme politique de bio-défense de Kadlec, qui allait rester manifestement statique et immuable tout au long de la carrière qu’il venait de commencer.

Pox Americana

William C. Patrick III
Note du Saker Francophone

Habile jeu de mot entre small pox / variole et pax americana, un dérivé de la pax romana.

En 1996, des pourparlers ont été engagés au sein de la direction militaire concernant ce qu’allait devenir le programme du Pentagone de vaccination obligatoire contre l’anthrax, une politique inlassablement promue par Joshua Lederberg, qui a participé à « l’étude » des liens entre le vaccin contre l’anthrax et le syndrome de la guerre du Golfe. Les discussions privées se sont déroulées parallèlement à une campagne publique visant à mettre la guerre biologique au premier plan de la conscience publique américaine. Un exemple particulièrement flagrant s’est produit lorsque William Cohen, alors secrétaire à la défense, a déclaré sur ABC News, avec un sac de sucre de cinq livres, que si « cette quantité d’anthrax pouvait être répandue dans une ville – disons de la taille de Washington, cela détruirait au moins la moitié de la population de cette ville ».
Dans le même temps, Joshua Lederberg plaidait également pour la constitution de stocks d’un vaccin antivariolique, ce que l’armée américaine a également pris à cœur, en accordant à une société appelée DynPort un contrat exclusif de plusieurs millions de dollars pour produire un nouveau vaccin antivariolique en 1997. Peu de temps après, BioPort, la société sœur de DynPort, a été créée et allait bientôt monopoliser la production de ce vaccin.
Au moment où BioPort (aujourd’hui connue sous le nom d’Emergent Biosolutions) avait obtenu de manière controversée le contrôle de ce contrat lucratif du Pentagone en 1998, le président de l’époque, Bill Clinton, avait publiquement averti que les États-Unis devaient « faire face aux nouveaux dangers des armes biologiques et chimiques », ajoutant que Saddam Hussein était précisément en train de « développer des armes nucléaires, chimiques et biologiques et les missiles pour les lancer ». Cependant, aucun renseignement ne permettait d’étayer ces affirmations, surtout après les tentatives infructueuses des inspecteurs en désarmement, comme Robert Kadlec et William Patrick, de trouver des preuves d’un programme d’armes biologiques irakien.
Malgré le manque de preuves concernant les prétendus programmes d’« ADM » de l’Irak, l’inquiétude de Clinton concernant la menace des armes biologiques aurait été le résultat de sa lecture de « L’événement Cobra », un roman sur la façon dont un agent pathogène génétiquement modifié appelé « variole cérébrale » ravage la ville de New York. L’auteur du roman, Richard Preston, avait été conseillé sur la guerre biologique et les agents pathogènes génétiquement modifiés par nul autre que William Patrick. Ce dernier, alors conseillé de la CIA, du FBI et des services de renseignements militaires, a également participé à des réunions à huis clos avec Clinton sur les armes biologiques, affirmant que leur utilisation était inévitable et que le plus mortel des agents pathogènes pouvait facilement être fabriqué dans le « garage d’un terroriste ».
Il est également probable que l’alarmisme de Clinton concernant les armes biologiques et chimiques ait été alimenté, en partie, par une table ronde organisée à la Maison Blanche le 10 avril 1998. Cette « table ronde de la Maison Blanche sur le génie génétique et les armes biologiques » comprenait un groupe d’« experts extérieurs » dirigé par Joshua Lederberg et plusieurs autres alarmistes du bioterrorisme, tels que Jerome Hauer, alors directeur de l’Office of Emergency Management de la ville de New York (qui était également conseillé par William Patrick III) et Thomas Monath, cadre de l’industrie des vaccins et conseiller scientifique en chef du directeur de la CIA, George Tenet.
La table ronde a permis de discuter en profondeur des « opportunités et des défis de sécurité nationale que représentent le génie génétique et la biotechnologie » ainsi que des « documents classifiés relatifs à l’évaluation des menaces et à la manière dont les États-Unis réagissent à des scénarios particuliers ».
Robert Kadlec, bien que républicain, reste très attaché à Bill Clinton, peut-être parce que l’ancien président était si attentif aux sombres prédictions des « experts en bio-défense » qui ont suivi la carrière de Kadlec. Kadlec reconnaît que l’ancien président a fait « beaucoup de bonnes choses » et a contribué de manière importante à l’avancement du programme politique du complexe industriel biotechnologique.
Clinton a publié plusieurs décrets et directives de décision présidentielle (PDD) pendant cette période, comme la PDD-62, qui portait spécifiquement sur les préparatifs d’une attaque de type « ADM » contre les États-Unis et demandait au ministère de la santé et des services sociaux (HHS), alors dirigé par Donna Shalala, de diriger la réponse nationale à ce genre d’attaque. Fortuitement pour Kadlec, le PDD-62 a également appelé à la construction d’un stock national de vaccins, d’antibiotiques et d’autres fournitures médicales.
À l’époque, Kadlec évangélisait déjà le public au sujet d’une attaque à l’anthrax apparemment imminente et apocalyptique, qu’il était certain de voir arriver à tout moment. Comme le cite le Vancouver Sun dans un article de 1998, Kadlec a émis des hypothèses :

Si plusieurs kilos d’un agent comme l’anthrax étaient disséminés dans la ville de New York aujourd’hui, des estimations prudentes évaluent à 400 000 le nombre de décès survenus dans les premiers jours. Des milliers d’autres personnes risqueraient de mourir en quelques jours si des antibiotiques et une vaccination appropriés n’étaient pas mis en place immédiatement. Des millions d’autres craindraient d’être exposés et chercheraient ou exigeraient également des soins médicaux. Au-delà des conséquences immédiates d’un tel acte sur la santé, la panique et les troubles civils potentiels susciteraient une réaction tout aussi importante.

Les spéculations apocalyptiques de Kadlec sur les attaques aux armes biologiques avaient attiré l’attention de Randall Larsen, alors directeur du département de la stratégie et des opérations militaires du Collège national de guerre, qui avait engagé Kadlec parce qu’il « était convaincu que la menace la plus grave pour la sécurité nationale n’était pas les missiles russes ou chinois, mais une pandémie – qu’elle soit d’origine humaine ou naturelle ». Peu de temps après, Kadlec et Larsen ont collaboré étroitement, co-signant ensemble plusieurs études.
Pendant ce temps, leur collègue du National War College, William Patrick III, travaillait simultanément pour l’armée et le service de renseignement américain, le Battelle Memorial Institute, où il développait secrètement une forme génétiquement modifiée et plus puissante d’anthrax pour un programme classifié du Pentagone.

L’Intelligentsia de la bio-terreur


Un an après avoir engagé Robert Kadlec pour enseigner au National War College, Randall Larsen a également participé à la création d’une nouvelle organisation appelée ANSER Institute for Homeland Security (ANSER-IHS), et en a été le directeur. Cet institut pour la sécurité intérieure, créé et financé pour la première fois en octobre 1999, était une extension de l’institut ANSER, qui avait lui-même été séparé de la RAND Corporation à la fin des années 1950. La RAND Corporation est un « groupe de réflexion » axé sur la sécurité nationale, qui a des liens de longue date avec les fondations Ford, Rockefeller et la Carnegie Corporation.
L’expansion de l’ANSER par le biais de l’ANSER-IHS a été préfigurée par l’entrée de la « défense de la patrie » dans le discours politique populaire dans la « Bureaucratie de Washington, le Beltway ». Ce terme aurait d’abord été utilisé dans un rapport du National Defense Panel présenté en 1997 et est attribué à Richard Armitage, membre du Defense Panel et ancien officier de la CIA ayant des liens avec le programme Phoenix de l’agence. Armitage faisait partie du groupe connu sous le nom de « Vulcans« , qui conseillait George W. Bush sur les questions de politique étrangère avant l’élection présidentielle de 2000.
Comme la journaliste Margie Burns l’a souligné dans un article de 2002, la nécessité de la « défense de la patrie » comme axe majeur de la politique du gouvernement américain, y compris la poussée pour créer une nouvelle agence de « sécurité de la patrie », a été considérablement amplifiée suite à sa prétendue création par Armitage en 1997. Ceci était dû, en partie, à un réseau de médias appartenant au leader de la secte sud-coréenne lié à la CIA, Sun Myong Moon, y compris le Washington Times, Insight Magazine et UPI, qui ont tous publié de nombreux articles rédigés par des analystes de l’ANSER ou qui citaient abondamment les rapports et les employés de l’ANSER concernant la nécessité d’un appareil de « sécurité intérieure » considérablement élargi.
L’un de ces articles, publié par Insight Magazine en mai 2001 et intitulé « Se préparer pour un prochain Pearl Harbor », cite abondamment l’ANSER et son Institut pour la sécurité intérieure comme étant parmi les « meilleurs experts de la nation » pour avertir qu’une attaque terroriste sur le continent américain était imminente. Il a également déclaré que « les premiers intervenants sur le champ de bataille de demain ne seront pas des soldats, mais des ambulanciers de la ville et des pompiers des petites villes ».
L’ANSER-IHS a été créé à la demande du PDG de l’ANSER, le Dr Ruth David, qui est devenue une cadre supérieure de l’ANSER après avoir quitté une longue carrière à la CIA, où elle avait occupé le poste de directrice adjointe de l’agence pour la science et la technologie. À l’époque, Joshua Lederberg et Tara O’Toole, alors directrice du Johns Hopkins Center for Civilian Bio-defense Studies et qui plus tard co-rédigera l’exercice Dark Winter, faisaient partie du conseil d’administration de l’ANSER-IHS, aux côtés de David.
Bien que créé en 1999, l’ANSER-IHS n’a été officiellement lancé qu’en avril 2001. Le même mois, Robert Kadlec, du National War College, a sponsorisé le document « Une micro-menace avec un macro-impact : la bio-menace et la nécessité d’une stratégie nationale de sécurité de bio-défense » . Ce document commence par citer plusieurs anciens responsables de la CIA ainsi que le Dr O’Toole (qui travaille maintenant pour In-Q-Tel, la branche de la CIA spécialisée dans le capital-risque) comme preuve qu’une attaque bioterroriste est « peut-être la plus grande menace à laquelle les États-Unis seront confrontés au cours du siècle prochain » et qu’une telle attaque viserait inévitablement « les Américains sur le sol américain ».
Ce rapport parrainé par Kadlec appelait également à la création de la National Homeland Security Agency (NHSA), dont le cadre était contenu dans le H.R. 1158, introduit un mois auparavant, en mars 2001. Le document demandait que la création de cette nouvelle agence au niveau du cabinet soit « rapidement mise en place, afin que l’agent exécutif unique qui en résultera (identifié à partir de maintenant comme la NHSA) puisse commencer son travail essentiel ». Il a également fait valoir que cette agence comprend « un poste de directeur adjoint … spécifiquement responsable de la préparation et de la réponse à une bio-attaque ».
Parmi les autres mesures recommandées dans le document, citons l’augmentation considérable du stock de la défense nationale, la création d’un système national de notification des maladies et la mise en place de détecteurs automatisés de menaces biologiques en temps réel. Ces derniers seront mis en place peu après la publication de ce document, ce qui donnera naissance au système controversé BASIS (Biological Aerosol Sentry and Information Systems). Le BASIS a été examiné dans la première partie de cette série, en particulier son rôle dans « l’induction de la panique et de la perturbation sociale qu’il est censé contrecarrer » pendant et après les attaques à l’anthrax de 2001 qui devaient se produire des mois plus tard. BASIS a été développé en grande partie par le Lawrence Livermore National Laboratory, dont le responsable de la sécurité nationale – l’ancien directeur de la Defense Threat Reduction Agency (DTRA), Jay Davis, était alors président du conseil d’administration de l’ANSER.
Il faut également noter que le rapport de Kadlec d’avril 2001 cite à plusieurs reprises le très discrédité mais toujours influent Ken Alibek, notamment son allégation selon laquelle toute personne disposant d’un accès à Internet et de quelques dollars pourrait facilement produire et diffuser de l’anthrax de qualité militaire. Certains des meilleurs experts nationaux en matière d’anthrax devaient discréditer cette affirmation, à l’exception de William C. Patrick III.
Cela est probablement dû au fait que la CIA avait demandé à Patrick de « contrôler » Alibek après sa première défection de l’Union soviétique en 1992, ce qui rendait Patrick responsable de la détermination de la crédibilité des affirmations controversées d’Alibek, y compris ses affirmations incorrectes selon lesquelles Saddam Hussein avait supervisé un programme massif d’armes biologiques. Au sujet de leur rencontre, Patrick dira plus tard : « Je ne dirai pas que nous sommes tombés amoureux, mais nous avons gagné un respect immédiat l’un pour l’autre ».
Au moment de la défection d’Alibek, Robert Kadlec – qui avait été affecté au bureau du secrétaire à la défense du Pentagone pour la politique de lutte contre la prolifération après la guerre du Golfe – se souviendra plus tard, lors du témoignage au Congrès de 2014 , d’avoir « été témoin des efforts déployés pour établir la vérité sur les efforts de l’ex-Union soviétique en matière d’armes biologiques », qui avaient intimement impliqué Alibek et Patrick. Kadlec a également noté que « le sort de ces agents [liés au programme d’armes biologiques de l’Union soviétique] et des armes associées », y compris celles décrites par Alibek, « n’a jamais été réglé de manière satisfaisante ».
Les affirmations choquantes mais douteuses d’Alibek ont souvent été utilisées et promues par Joshua Lederberg (qui avait débriefé avec d’autres chercheurs soviétiques sur les armes biologiques après leur défection), Patrick et d’autres pour soutenir leurs politiques de « bio-défense » favorites ainsi que la nécessité de recherches « défensives » sur les armes biologiques, y compris les efforts clandestins de génie génétique autour de l’anthrax sur lesquels Patrick et Alibek allaient plus tard collaborer.

Mettre les roues en mouvement

NTI
Quelques mois seulement avant le lancement « officiel » de l’ANSER-IHS, une autre organisation a été lancée dans un domaine connexe : la Nuclear Threat Initiative (NTI). Créée par le magnat des médias Ted Turner et l’ancien sénateur Sam Nunn en janvier 2001, la NTI visait non seulement à « réduire la menace » posée par les armes nucléaires, mais aussi par les armes chimiques et biologiques.
En annonçant la formation de NTI sur CNN, le réseau fondé par Turner, Nunn a déclaré que si « les armes nucléaires représentent un danger gigantesque, les armes biologiques et chimiques sont les plus susceptibles d’être utilisées. Et il y a des milliers de scientifiques dans l’ex-Union soviétique qui savent comment fabriquer ces armes, y compris chimiques, biologiques et nucléaires, mais ne savent pas comment nourrir leurs familles ». Nunn a poursuivi en déclarant que le NTI espérait « commencer à aider, apporter un peu d’espoir avec un emploi rémunéré pour les gens que nous ne voulons pas voir finir dans la fabrication d’armes chimiques, biologiques et nucléaires dans d’autres parties du monde ». La mission du NTI à cet égard est probablement venue comme une bonne nouvelle pour Joshua Lederberg, qui a longtemps préconisé que les États-Unis offrent des emplois aux chercheurs en armes biologiques de l’ex-Union soviétique afin d’empêcher leur emploi par des « régimes voyous ».
Aux côtés de Nunn et Tuner au sein du conseil d’administration de NTI se trouvaient William Perry, un ancien secrétaire à la défense, l’ancien sénateur Dick Lugar, qui a donné son nom au prétendu laboratoire américain d’armes biologiques en Géorgie, et Margaret Hamburg, qui était la vice-présidente de NTI et supervisait ses travaux sur les armes biologiques. Le père de Margaret Hamburg, David Hamburg, président de longue date de la Carnegie Corporation, était également conseiller et « membre distingué«  de la NTI. David Hamburg était un conseiller proche, un associé et un ami de longue date de Joshua Lederberg.
Sam Nunn et Margaret Hamburg de la NTI, ainsi que de hauts responsables de l’ANSER, se sont réunis en juin 2001 pour participer à un exercice de simulation d’une attaque par armes biologiques appelé « Dark Winter ». Nunn jouait le rôle de président dans l’exercice et Hambourg celui de chef du HHS dans le scénario fictif. Jerome Hauer, alors directeur général de l’entreprise de renseignement Kroll Inc. et vice-président de l’entreprise de renseignement militaire Scientific Applications International Corporation (SAIC), a joué le rôle du directeur de la FEMA.
L’exercice « Dark Winter » lui-même a été largement écrit par Tara O’Toole (membre du conseil d’administration de l’ANSER-IHS) et Thomas Inglesby du Johns Hopkins Center for Civilian Bio-defense Studies ainsi que Randall Larsen de l’ANSER-IHS. Robert Kadlec a également participé à la création du scénario et apparaît dans les clips d’actualité fictifs et scénarisés utilisés dans l’exercice.
Comme détaillé dans la première partie de cette série, l’exercice « Dark Winter » a sinistrement prédit de nombreux aspects de ce qui allait suivre quelques mois plus tard lors des attaques à l’anthrax de 2001, y compris la prédiction que des lettres de menace seraient envoyées aux membres de la presse avec la promesse d’attaques à l’arme biologique impliquant l’anthrax. « Dark Winter » a également fourni le récit initial des attaques à l’anthrax de 2001, selon lequel l’Irak et Al-Qaïda étaient conjointement responsables. Cependant, peu après les attaques, les preuves ont rapidement montré que l’anthrax provenait d’une source nationale liée à des expériences militaires. En outre, plusieurs participants et auteurs de « Dark Winter » avaient apparemment connaissance de ces attaques (notamment Jerome Hauer) et/ou étaient impliqués dans l’enquête controversée du FBI sur ces attaques (notamment Robert Kadlec).
Le jour du 11 septembre 2001, Kadlec et Randall Larsen devaient commencer à co-enseigner un cours sur la « sécurité intérieure » au National War College. Le programme de ce cours s’inspire de citations sur la menace imminente du bioterrorisme de Joshua Lederberg ainsi que de James Woolsey, participant à « Dark Winter » et ancien directeur de la CIA, qui a qualifié une attaque aux armes biologiques de « menace la plus dangereuse pour la sécurité nationale des États-Unis dans un avenir prévisible ».
Le cours devait également inclure une longue utilisation de l’exercice « Dark Winter », dans lequel les étudiants devaient reproduire l’exercice de juin 2001 dans le cadre d’un projet de recherche de fin de semestre. Cependant, étant donné les événements du 11 septembre 2001, Kadlec n’a jamais donné ce cours, car il s’est rendu au Pentagone pour se concentrer sur la « menace bioterroriste » dans les semaines qui ont précédé les attaques à l’anthrax de 2001.

Le jour d’après (l’ anthrax)

Rumsfeld
Immédiatement après les événements du 11 septembre 2001, Kadlec est devenu conseiller spécial en matière de guerre biologique auprès du secrétaire à la défense de l’époque, Donald Rumsfeld, et de son adjoint, Paul Wolfowitz. Dans les jours qui ont suivi, Rumsfeld a déclaré ouvertement et publiquement qu’il s’attendait à ce que les ennemis de l’Amérique, en particulier Saddam Hussein, aident des groupes terroristes non spécifiés à obtenir des armes chimiques et biologiques, un récit analogue à celui utilisé dans l’exercice Dark Winter que Kadlec avait contribué à créer.
Au lendemain du 11 septembre, les autres co-auteurs de Dark Winter – Randall Larsen, Tara O’Toole et Thomas Inglesby – ont personnellement informé Dick Cheney sur Dark Winter, à un moment où Cheney et son équipe avaient été avertis par une autre figure de Dark Winter, Jerome Hauer, de prendre l’antibiotique Cipro pour prévenir toute infection à l’anthrax. On ignore combien de membres de l’administration ont pris du Cipro et pendant combien de temps.
Hauer, ainsi que James Woolsey et la journaliste du New York Times, Judith Miller, (qui a également participé à « Dark Winter »), ont passé les semaines entre le 11 septembre et la divulgation publique des attaques à l’anthrax à faire de nombreuses apparitions dans les médias (et, dans le cas de Miller, à écrire des dizaines de rapports) concernant l’utilisation de l’anthrax comme arme biologique. Les membres du groupe controversé, le think thank the Project for a New American Century (PNAC), qui comptait dans ses rangs Dick Cheney et Donald Rumsfeld, ont également averti qu’une attaque à l’arme biologique allait suivre le 11 septembre. Parmi eux figuraient Richard Perle, alors conseiller du Pentagone dirigé par Rumsfeld, et Robert Kagan et Bill Kristol du Weekly Standard.
On pourrait penser que tous ces avertissements opportuns n’auraient pas dû provoquer la surprise de cette clique d’initiés du gouvernement une fois les attaques à l’anthrax rendues publiques le 4 octobre 2001. Cependant, malgré les avertissements constants de scénarios d’attaques à l’anthrax pendant une décennie et les conseils donnés au Pentagone sur cette même menace dès les semaines précédentes, Robert Kadlec a ensuite déclaré avoir crié « You gotta be sh*ttin’ me«  [vous vous foutez de ma gueule] lorsqu’il a appris l’existence des attaques.
Une autre prophétesse de l’anthrax avant les attaques, Judith Miller, se souvient d’avoir été bouleversée et découragée à la réception d’une lettre qui semblait contenir de l’anthrax. Sa première réaction fut d’appeler William C. Patrick III, qui la calma et lui dit que la poudre d’anthrax contenue dans la lettre « était très probablement un canular ». En effet, Patrick allait s’avérer correct dans son analyse car la poudre contenue dans la lettre que Miller avait ouverte était, en fait, inoffensive.
Kadlec a immédiatement commencé à contribuer à l’enquête controversée du FBI sur les attentats, connue sous le nom d’affaire « Amerithrax ». Kadlec a été chargé d’enquêter sur la présence présumée de bentonite dans l’anthrax utilisé dans les attentats. La bentonite n’a jamais été trouvée dans aucun des échantillons d’anthrax testés par le FBI, mais les allégations selon lesquelles elle aurait été utilisée pour établir un lien entre l’anthrax utilisé dans les attentats et l’utilisation présumée de bentonite par l’Irak dans son programme d’armes biologiques, dont l’existence même manque encore de preuves concluantes.
Cette affirmation erronée a été mentionnée pour la première fois au secrétaire adjoint à la défense Paul Wolfowitz par Peter Jahrling, un scientifique de Fort Detrick, qui a affirmé lors d’un briefing que les spores « semblaient avoir été traitées » avec un « additif chimique particulier » ressemblant à la bentonite. Jahrling a ensuite ajouté que le gouvernement irakien avait utilisé la bentonite pour produire « de manière suspecte » le bacille thuringiensis (Bt), un « cousin non létal » de l’anthrax largement utilisé dans l’agriculture. « Tout le monde s’en est emparé », Kadlec se souviendra plus tard du lien fortuit établi par Jahrling entre la bentonite et un cousin lointain et inoffensif de l’anthrax.
Chargé par Wolfowitz d’étayer les preuves de l’existence de la bentonite, Kadlec a contacté un scientifique de la marine qui l’avait accompagné en Irak avec William Patrick dans leurs efforts infructueux pour trouver des preuves des armes biologiques irakiennes en 1994, James Burans. Burans n’a jamais été convaincu du lien avec la bentonite ainsi que rapidement d’autres scientifiques du gouvernement.
Néanmoins, les médias ont continué à faire valoir que la bentonite-anthrax prouvait le rôle de l’Irak dans les attaques à l’anthrax, malgré les conclusions contraires. Fin octobre 2001, un sondage national a révélé que 74 % des personnes interrogées souhaitaient que les États-Unis entreprennent une action militaire contre l’Irak, malgré le manque de preuves reliant le pays aux attentats du 11 septembre ou aux attaques à l’anthrax. Un mois plus tard, Rumsfeld élaborait des plans en consultation avec Wolfowitz concernant les justifications d’une guerre avec l’Irak, notamment la découverte de liens entre Saddam Hussein et les attaques à l’anthrax et l’ouverture de litiges avec l’Irak au sujet des inspections sur les ADM.
Alors que le Pentagone, conseillé par Kadlec, cherchait à établir un lien entre les attaques à l’anthrax et l’Irak, le NTI – dirigé par le « président » de « Dark Winter », Sam Nunn – a fait passer son programme à la vitesse supérieure en réservant « 2,4 millions de dollars de subventions initiales pour financer la collaboration scientifique avec les scientifiques qui ont travaillé dans le programme secret d’armes biologiques de l’ex-Union soviétique ». Le NTI a également mis de côté des millions de dollars supplémentaires pour transformer les laboratoires d’armes biologiques de l’ex-Union soviétique en « installations de production de vaccins » et « aider à identifier les entreprises pharmaceutiques occidentales désireuses de travailler avec les anciens chercheurs soviétiques en armes biologiques sur des projets commerciaux ».

Enquête à huis clos


William C. Patrick III s’est également impliqué dans l’enquête Amerithrax du FBI, bien qu’il ait été initialement soupçonné d’être impliqué dans les attentats. Cependant, après avoir passé le test du détecteur de mensonges, il a été ajouté au « cercle restreint » des conseillers techniques du FBI sur l’affaire Amerithrax, malgré le fait que le protégé de Patrick, Stephen Hatfill, était le principal suspect du FBI à l’époque. Hatfill a ensuite été innocenté et le FBI a fini par accuser un scientifique de Fort Detrick nommé Bruce Ivins du crime, cachant une « montagne » de preuves disculpant Ivins pour ce faire, selon l’ancien enquêteur principal du FBI.
Dans les années 1990, Patrick avait fait part à ses associés de son désir de trouver quelqu’un qui poursuivrait son travail, pour finalement trouver cette personne en la personne de Stephen Hatfill. L’amitié entre Hatfill et Patrick était étroite, un expert en bioterrorisme les qualifiant de « père et fils ». Les deux voyageaient souvent ensemble et, à l’occasion, Hatfill conduisait Patrick vers ses postes de consultant chez la SAIC, entrepreneur militaire et de renseignement. En 1999, Patrick lui a rendu la pareille en l’aidant à décrocher un emploi à la SAIC. Un an plus tard, Jerome Hauer, un ami de Hatfill et de Patrick, a rejoint la SAIC en tant que vice-président.
La même année, Hatfill offre à Patrick un autre poste de consultant à la SAIC et lui demande de réaliser une étude décrivant « une attaque terroriste fictive dans laquelle une enveloppe contenant de l’anthrax de qualité militaire est ouverte dans un bureau ». Le Baltimore Sun rapportera plus tard que l’étude de Patrick pour SAIC portait sur « le danger de propagation des spores d’anthrax dans l’air et les exigences de décontamination après divers types d’attaques » ainsi que sur le nombre de grammes d’anthrax qu’il faudrait placer dans une enveloppe commerciale standard pour mener une telle attaque.
L’implication de Patrick dans cette étude de la SAIC est particulièrement intéressante étant donné qu’il était également impliqué dans un autre projet concernant l’anthrax à l’époque, celui-ci étant géré par le Battelle Memorial Institute. En 1997, le Pentagone a élaboré des plans pour créer génétiquement une variété plus puissante d’anthrax, stimulé par le travail de scientifiques soviétiques qui avaient récemment publié une étude qui a révélé qu’une souche d’anthrax génétiquement modifiée était résistante au vaccin standard contre l’anthrax, du moins dans les études sur les animaux.
L’objectif déclaré du plan du Pentagone, selon un rapport publié en 2001 dans le New York Times, était de « voir si le vaccin [contre l’anthrax] que les États-Unis avaient l’intention de fournir à leurs forces armées était efficace contre cette souche ». Les installations de Battelle à West Jefferson, dans l’Ohio, ont été engagées par le Pentagone pour créer l’anthrax génétiquement modifié, une tâche qui a été supervisée par Ken Alibek, alors responsable du programme Battelle pour tout ce qui concerne les armes biologiques. Un article paru en 1998 dans le New Yorker indiquait que William Patrick, également consultant pour Battelle et « ami proche » d’Alibek, travaillait à l’époque avec Alibek sur un projet impliquant l’anthrax. Il sera révélé plus tard que l’accès à la souche d’anthrax utilisée dans les attaques, la souche Ames, était contrôlée par Battelle.
En outre, le FBI a prétendument utilisé une preuve irréfutable pour établir un lien entre les attaques à l’anthrax et celles de Bruce Ivins, à savoir le fait qu’un flacon étiqueté RMR-1029 dans l’étiquette d’Ivins a été identifié comme étant la souche « mère ». Pourtant, il a été révélé plus tard que des portions de RMR-1029 avaient été envoyées par Ivins à l’usine de Battelle dans l’Ohio avant les attaques à l’anthrax. Une analyse de l’eau utilisée pour fabriquer l’anthrax a également révélé que les spores d’anthrax avaient été créées dans le nord-est des États-Unis et des analyses de suivi ont permis de réduire les seules sources possibles comme provenant de l’un des trois laboratoires : Fort Detrick, un laboratoire de l’université de Scranton, ou les installations de Battelle à West Jefferson.
Après le « suicide » prématuré d’Ivins en 2008, les avocats civils du ministère de la justice ont publiquement contesté les affirmations du FBI selon lesquelles Ivins était le coupable et ont plutôt « suggéré qu’un laboratoire privé de l’Ohio » géré par Battelle « pourrait avoir été impliqué dans les attaques ».
Le travail de Patrick avec Battelle sur la création d’une forme plus puissante d’anthrax, ainsi que son travail avec la SAIC pour étudier l’effet de l’anthrax envoyé par courrier, ont commencé à peu près au même moment où BioPort avait obtenu le monopole de la production du vaccin contre l’anthrax, récemment rendu obligatoire pour toutes les troupes américaines par le Pentagone. Comme nous l’avons expliqué dans la deuxième partie de cette série, l’usine de BioPort qui produisait son vaccin contre l’anthrax était, à l’époque, en proie à de nombreux problèmes et avait perdu sa licence d’exploitation. Bien que le Pentagone ait donné à BioPort des millions à utiliser pour la rénovation de l’usine, une grande partie de cet argent a plutôt été consacrée aux primes des cadres supérieurs et à la décoration des bureaux de la direction. D’autres millions ont tout simplement « disparu ».
En 2000, peu de temps après avoir reçu son premier renflouement du Pentagone, BioPort a passé un contrat avec nul autre que le Battelle Memorial Institute. Cet accord a permis à Battelle d’être « immédiatement exposé au vaccin » qu’il utilisait dans le cadre du programme de lutte contre l’anthrax génétiquement modifié auquel participaient Alibek et Patrick. Ce programme a ensuite commencé à utiliser le vaccin fabriqué par BioPort dans le cadre de tests effectués dans ses installations de West Jefferson. À l’époque, Battelle prêtait également son « expertise technique » à BioPort et a engagé 12 travailleurs à envoyer dans les installations de BioPort dans le Michigan « pour maintenir l’opération en cours ».
À l’époque, une porte-parole de BioPort a déclaré : « Nous avons une relation avec Battelle pour étendre notre portée aux personnes que nous essayons d’attirer pour des postes critiques de notre côté technique. Ils nous aident également à effectuer nos tests de puissance, comme une sorte de soutien. Ils valident nos tests de puissance ». Les rapports sur le contrat BioPort-Battelle indiquent que les termes de leur accord n’ont pas été divulgués publiquement, mais notent également que les deux sociétés avaient « précédemment travaillé ensemble sur une offre infructueuse pour fabriquer d’autres vaccins pour le gouvernement ».
Comme indiqué précédemment dans la deuxième partie de cette série, BioPort devait perdre entièrement son contrat pour le vaccin contre l’anthrax en août 2001 et l’ensemble de son activité dans ce domaine a été sauvée par les attaques à l’anthrax de 2001, qui ont vu les inquiétudes concernant la corruption de BioPort remplacées par des demandes ferventes pour une plus grande quantité de son vaccin contre l’anthrax.

Rumsfeld sauve BioPort

Donald Rumsfeld, l’un des défenseurs de la sauvegarde du contrat de BioPort pour le vaccin contre l’anthrax, a déclaré après les attentats que « nous allons essayer de le sauver et de mettre en place une sorte d’arrangement qui nous permettra de donner une dernière chance à cette entreprise [BioPort] de faire son travail. C’est la seule entreprise de ce pays qui a entrepris quelque chose, et ce n’est pas très avancé, comme vous le soulignez ».
Tandis que Rumsfeld et d’autres s’efforçaient de sauver l’affaire du vaccin contre l’anthrax de BioPort, une autre figure récurrente de cette sordide saga, Jerome Hauer, allait également jouer un rôle clé en poussant à l’augmentation des achats du produit le plus lucratif et le plus controversé de BioPort. En plus d’être directeur général de Kroll Inc. et vice-président de la SAIC, Hauer était également conseiller en matière de sécurité nationale auprès du secrétaire du ministère de la santé Tommy Thompson le 11 septembre 2001. C’est également ce même jour que M. Hauer a dit aux hauts fonctionnaires de l’administration de prendre du Cipro pour prévenir l’infection à l’anthrax.
Hauer a joué un rôle clé en conseillant les dirigeants du HHS lors des attaques à l’anthrax. Après les attaques, Hauer a poussé Thompson à créer le Bureau de la préparation de la santé publique (OPHP) au sein du HHS, qui a été créé plus tard cette année-là. Il a d’abord été dirigé par D.A. Henderson, un proche collaborateur de Joshua Lederberg et fondateur du groupe de travail de Johns Hopkins sur la biodéfense civile, qui comprenait Jerome Hauer et Tara O’Toole, la protégée de Henderson. Hauer lui-même allait remplacer Henderson comme OPHP quelques mois plus tard.
La législation subséquente, élaborée en partie par Robert Kadlec, allait voir le BPSP céder la place au poste de secrétaire adjoint pour la préparation aux urgences de santé publique (ASPHEP), un poste que M. Hauer allait également occuper. Hauer devait utiliser ce poste pour faire pression en faveur de la constitution de stocks de vaccins, notamment le vaccin contre la maladie du charbon de BioPort. Hauer et son adjoint, William Raub, aideraient alors à pousser le Pentagone à reprendre la vaccination des troupes, malgré les inquiétudes de longue date sur la sécurité du vaccin. Peu après avoir quitté le HHS en 2004, Hauer a rapidement été ajouté au conseil d’administration de BioPort sous son nouveau nom Emergent Biosolutions, un poste qu’il occupe toujours aujourd’hui.

Tous les systèmes fonctionnent

Au lendemain des attaques à l’anthrax, les prédictions de Robert Kadlec concernant les incidents bioterroristes sont devenues démesurées. « Ce n’est pas la variole de votre mère »disait Kadlec au LA Times fin octobre 2001, « C’est un chasseur F-17 Stealth – il est conçu pour être indétectable et pour tuer. Nous sabotons nos efforts en matière de biodéfense. Nous ne considérons pas cela comme une arme – nous considérons naïvement cela comme une maladie ». Comme le note l’article, cette souche de variole « furtive » n’existait pas. Au lieu de cela, Kadlec – qui avait maintenant l’oreille de Rumsfeld sur les questions de biodéfense – s’attendait à ce qu’une telle souche puisse bientôt être génétiquement modifiée.
Bien sûr, à l’époque, le seul gouvernement connu pour avoir modifié génétiquement un agent pathogène était les États-Unis, comme l’a rapporté Judith Miller du New York Times. Miller a rapporté en octobre 2001 que le Pentagone, à la suite des attaques à l’anthrax, avait approuvé « un projet visant à fabriquer une forme potentiellement plus puissante de bactéries de l’anthrax » par modification génétique, projet qui serait mené par le Battelle Memorial Institute.
Ce projet, auquel avaient participé William Patrick et Ken Alibek, s’est poursuivi et le Pentagone a décidé de le relancer après les attaques, bien qu’il ne soit pas clair si Patrick ou Alibek ont continué à travailler sur l’itération suivante des efforts de Battelle pour produire une souche plus virulente d’anthrax. Ce projet avait été mis en pause un mois auparavant lorsque Miller et d’autres journalistes ont révélé l’existence du programme dans un article publié le 4 septembre 2001.
Après l’annonce des plans du Pentagone de recommencer à développer des souches d’anthrax plus puissantes, des accusations ont été lancées selon lesquelles les États-Unis violaient la convention sur les armes biologiques. Cependant, les États-Unis ont évité de justesse d’avoir à admettre qu’ils avaient violé la convention étant donné que, un mois seulement après l’exercice « Dark Winter » en juillet 2001, les États-Unis avaient rejeté un accord qui aurait renforcé l’interdiction des armes biologiques.
Le New York Times a noté spécifiquement que les expériences sur l’anthrax génétiquement modifié menées par l’installation de Battelle à West Jefferson étaient une « raison importante » derrière la décision de l’administration Bush de rejeter le projet d’accord et le gouvernement américain avait alors fait valoir que « les visites illimitées d’inspecteurs étrangers dans les installations pharmaceutiques ou de défense pouvaient être utilisées pour recueillir des renseignements stratégiques ou commerciaux ». Bien sûr, l’une de ces « installations pharmaceutiques ou de défense » a finalement été la source de l’anthrax utilisé dans les attaques.

Le travail préparatoire

Robert Kadlec
Robert Kadlec

Au lendemain du chaos de la fin 2001, la vision de Kadlec pour la politique américaine de biodéfense se concrétisait rapidement sous ses yeux. La première loi effective du SNS a été la loi de 2002 sur la sécurité de la santé publique et la préparation au bioterrorisme, largement motivée par les attaques à l’anthrax, qui a ordonné au secrétaire du HHS de maintenir un « stock national stratégique (SNS) ». Cette loi était le résultat direct d’un processus entamé des années plus tôt, lorsque le Congrès a alloué des fonds au CDC pour le stockage de produits pharmaceutiques en 1998. Le programme était à l’origine appelé « National Pharmaceutical Stockpile (NPS) program ».
Le rôle de Kadlec dans la direction des développements ultérieurs du SNS et d’autres développements législatifs connexes a été considérable étant donné qu’en 2002, il est devenu directeur de la biodéfense au sein du Conseil de sécurité intérieure récemment créé. Son travail au sein de ce conseil, qu’il a quitté en 2005, a abouti à la « Politique nationale de biodéfense pour le 21e siècle » de l’administration Bush, qui fait sans surprise écho aux recommandations du document que Kadlec avait parrainé au National War College.
Le 1er mars 2003, le NPS est devenu le Programme du Stock National Stratégique (SNS) et a été géré conjointement par le DHS et le HHS après que George W. Bush ait publié la directive présidentielle sur la sécurité intérieure (HSPD-5). Deux jours auparavant, le secrétaire à la sécurité intérieure, Tom Ridge, et le secrétaire du HHS de l’époque, Tommy Thompson, avaient présenté le projet de loi BioShield au Congrès. Il s’agissait d’une loi de grande envergure qui établissait ce qui allait devenir un guichet de l’État pour les grandes entreprises pharmaceutiques, appelé Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA), parmi d’autres entités et pouvoirs, dont le moindre n’était pas de déplacer le contrôle du SNS du DHS vers le HHS.
Peu après la promulgation de la loi sur le BioShield, BioPort/Emergent BioSolutions a cofondé un groupe de pression appelé Alliance for Biosecurity, dans le cadre de sa stratégie visant à obtenir facilement des contrats lucratifs pour le BioShield. Ce groupe de pression a vu Emergent BioSolutions s’associer au Centre pour la biosécurité de l’Université de Pittsburgh, qui était alors dirigé par Tara O’Toole et conseillé par Randall Larsen.
Une fois ce cadre en place, la politique nationale de biodéfense pour le 21e siècle, élaborée par Kadlec, a servi de cadre à la directive présidentielle 10 de Bush sur la sécurité intérieure (HSPD-10), qui a encore élargi le programme BioShield, le SNS et d’autres programmes controversés. Le projet BioShield est devenu une loi en 2004 et, un an plus tard, Kadlec a rejoint la sous-commission du sénateur Richard Burr sur le bioterrorisme et la santé publique. Kadlec y a occupé le poste de directeur du personnel au sein du comité qui a rédigé la loi sur la préparation à la pandémie et à tous les dangers (PAHPA), contenant les directives politiques spécifiques pour le déploiement du projet BioShield et créant le futur poste de Kadlec au sein du SNS.
La PAHPA a été adoptée l’année suivante au lendemain de l’ouragan Katrina et a établi la relation statutaire entre les différentes agences promulguées ou incluses dans la législation BioShield. Cela inclut la délégation au poste nouvellement créé de secrétaire adjoint du HHS pour la préparation et la réponse (ASPR) afin « d’exercer les responsabilités et les pouvoirs du secrétaire [du HHS] en ce qui concerne la coordination » du stock et de superviser la recherche et le développement avancés de contre-mesures médicales financées par BARDA, mais menées par Big Pharma. L’ASPR s’est également vu confier le rôle de chef de file pour diriger la réponse du HHS à une urgence sanitaire nationale.
Aux côtés de Kadlec à la Maison Blanche tout au long de ce processus, Tevi Troy, assistant spécial du président pour la politique intérieure, a joué un rôle qui en a fait le principal conseiller de la Maison Blanche en matière de soins de santé, de travail, d’éducation et d’autres questions, avec un accent particulier sur la gestion des crises. Troy, qui était passé par le ministère du travail en tant qu’assistant adjoint pour la politique, était déjà Senior fellow à l’Institut Hudson et à son groupe de réflexion satellite, le Potomac Institute for Policy Studies (PIPS), où le véritable travail d’élaboration des politiques était entrepris.
Troy et Kadlec quitteront tous deux l’administration à la fin du premier mandat de Bush et ne reviendront pas avant la seconde moitié de son second mandat. Entre-temps, les roues avaient été mises en mouvement avec le passage du projet BioShield et du PAHPA et, peu après leur passage, la panique a commencé à propos d’une épidémie de « grippe aviaire », qui s’était d’abord répandue dans 33 villes du Vietnam, puis avait conduit à une épidémie de la maladie tueuse de volailles qui a touché toute l’Eurasie, l’Afrique et le Moyen-Orient. L’épidémie a déclenché la panique aux États-Unis à la fin de 2005, en grande partie grâce aux avertissements exagérés lancés par Michael Leavitt, successeur de Tommy Thompson à la tête du ministère américain de la santé.
Bien que les affirmations de M. Leavitt aient été extrêmement inexactes, certains fonctionnaires ont profité financièrement de cette campagne de peur, comme Donald Rumsfeld, dont les actions de la société pharmaceutique Gilead lui ont rapporté 5 millions de dollars une fois la peur passée. Le bond de rentabilité de Gilead s’explique en partie par la décision du Pentagone et d’autres agences gouvernementales américaines de stocker 80 millions de doses de Tamiflu, un médicament promu pour traiter la grippe aviaire et développé à l’origine par Gilead. Rumsfeld avait été le cadre supérieur de Gilead avant de rejoindre l’administration de George W. Bush. Outre ceux qui en ont bénéficié financièrement, la peur de la grippe aviaire a également donné une impulsion considérable au programme de « stock » de biodéfense que Kadlec et d’autres initiés ont soutenu.
Kadlec reviendra à la Maison Blanche en 2007 en tant qu’assistant spécial pour la sécurité intérieure et directeur principal pour la politique de défense biologique, afin de consolider sa prise éventuelle sur le stock national stratégique et le bureau de l’ASPR, avec son acolyte de l’Institut Hudson/PIPS, Tevi Troy, simultanément nommé directeur adjoint du HHS. Troy a ainsi été chargé de mettre en œuvre les politiques inscrites dans la PAHPA et les changements ministériels adoptés dans le cadre du projet BioShield.
L’administration Bush est arrivée à sa conclusion inévitable lorsque Barack Obama a été élu et assermenté, début 2009. Kadlec et Troy, une fois de plus, ont quitté leur poste au gouvernement et ont disparu dans leurs repaires du secteur privé. Mais, cette même année, le premier exercice du SNS fraîchement modernisé de Kadlec a eu lieu lorsque la pandémie de grippe porcine (H1N1) a déclenché le « plus grand déploiement » jamais réalisé, avec la distribution de près de 13 millions de traitements antiviraux, ainsi que d’équipements médicaux et d’autres médicaments au niveau national et international, en collaboration avec BARDA. Gilead (et Rumsfeld) en ont encore largement profité, tout comme d’autres grandes entreprises pharmaceutiques, qui étaient impatientes de réapprovisionner le SNS après son déploiement à grande échelle.
Les origines du virus ont fait l’objet d’une controverse pendant plusieurs années, identifié alternativement comme provenant de porcs du Mexique ou d’Asie. L’une des dernières études menées en 2016 affirme avoir établi de façon définitive que la source du virus était des porcs au Mexique. Indépendamment de ses véritables origines, les observateurs intéressés ont pu glaner des données essentielles à partir de cet exercice pour préparer le « prochain ».

Les chevaux de Troy

Tevi Troy
Tevi Troy

Tevi Troy, directeur adjoint de HHS, a rapidement accepté un poste de lobbyiste de haut niveau pour la société de cigarettes électroniques JUUL, qui s’était heurtée à des obstacles réglementaires en raison du Tobacco Control Act, qui venait d’être signé par le président Obama. Margaret Hamburg, membre fondateur du NTI, était alors commissaire de la FDA et a bloqué l’application de la nouvelle réglementation ; une politique tacite de non-application avait persisté à la FDA jusqu’à la récente interdiction des arômes de vaporisation, qui faisait suite aux nouvelles préoccupations sanitaires soulevées par un rapport du NIH de 2018.
Les liens étroits du Dr Troy avec le PIPS et l’Hudson Institute permettent de comprendre pourquoi un ancien responsable du HHS a voulu promouvoir l’utilisation d’un produit connu pour être nocif pour la santé. Dans une rhétorique de marché libre, ces institutions sont les véhicules des initiatives politiques que leurs bailleurs de fonds milliardaires veulent voir mises en œuvre, avec ses groupes de réflexion subsidiaires, comme le PIPS, qui servent de satellites en orbite plus près du centre du pouvoir.
En tant que chercheur associé de l’Institut Hudson et chercheur principal du PIPS, Tevi Troy semble jouer un rôle central de coordination entre les deux. L’Hudson Institute a été fondé en 1961 par Herman Kahn, ancien stratège militaire de la RAND, théoricien des systèmes et inspirateur du Dr Folamour [Film de Stanley Kubrick, NdT]. Après la mort de Kahn en 1983, l’Institut a été « fortement approché » par la Lilly Endowment – la plus grande fondation privée des États-Unis, de loin – et est devenu un aimant pour les mêmes réseaux de milliardaires conservateurs radicaux qui le fréquentent aujourd’hui.
Parmi ses plus grands donateurs figurent des noms connus comme Microsoft, Lockheed Martin Corporation, la Fondation Charles Koch, Boeing et Emergent BioSolutions. En 2004, Lilly Endowment est retournée à Washington D.C., annonçant qu’elle allait « revenir à ses racines de sécurité nationale et de politique étrangère », la guerre contre le terrorisme étant devenue une « préoccupation nationale primordiale ».
Le PIPS et l’Hudson Institute allaient jouer un rôle central dans les efforts à venir de Kadlec pour faire de la biodéfense une priorité nationale, avec lui à la tête d’un bureau de l’ASPR considérablement élargi. Mais, il faudra encore quelques années. En attendant, il y a encore beaucoup à faire dans le domaine de la législation, sans parler de l’entreprise privée.
S’appuyant sur toutes les versions précédentes de la loi originale de Kadlec, la loi de 2013 sur la réactivation de la préparation à la pandémie et à tous les dangers (PAHPRA) a établi deux autres instruments qui ont renforcé son objectif ultime. Premièrement, la stratégie et le plan de mise en œuvre (SIP) de PHEMCE ont été codifiés en loi, ce qui a officialisé les liens de la législation originale avec le bureau du budget et, deuxièmement, elle a rationalisé la facilité d’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) pour la FDA afin d’accélérer les approbations de médicaments.

Montrez-moi l’argent

Peu après son retour dans le secteur privé, Robert Kadlec a participé à la création d’une nouvelle société en 2012, appelée « East West Protection », qui développe et fournit « des systèmes intégrés de préparation et de réponse à tous les risques pour les communautés et les nations souveraines ». La société « conseille également les communautés et les pays sur les questions liées à la menace des armes de destruction massive et des pandémies naturelles ».
Kadlec a créé la société avec W. Craig Vanderwagen, le premier ASPR HHS après que la création du poste ait été largement orchestrée par Kadlec. L’autre co-fondateur de East West Protection était Fuad El-Hibri, le fondateur de BioPort/Emergent Biosolutions, qui venait de quitter son poste de PDG d’Emergent au début de l’année.
M. El-Hibri a de nombreuses relations d’affaires avec le Royaume d’Arabie Saoudite, où lui et son père, Ibrahim El-Hibri, avaient autrefois vendu des stocks de vaccins contre l’anthrax au gouvernement saoudien pour un prix exorbitant par dose. East West Protection a cherché à équiper le royaume d’un système de biodéfense sur mesure, mais n’a finalement pas réussi à finaliser l’accord malgré les relations d’El-Hibri. Au lieu de cela, East West Protection a vendu ses produits à une poignée d’États américains.
Kadlec a été le directeur de la société depuis sa fondation jusqu’en 2015 au moins, puis a vendu sa participation dans la société à El-Hibri. Lors de sa nomination au poste d’ASPR au sein de l’administration Trump, Kadlec a omis de révéler ses liens avec East West Protection et El-Hibri et il a depuis lors prétendu n’avoir participé qu’à la fondation de l’entreprise, malgré les preuves du contraire.
Les incursions de Robert Kadlec dans le secteur privé durant cette période ont dépassé de loin la « East West Protection ». Le cabinet de conseil de Kadlec, RPK Consulting, lui a rapporté 451 000 dollars rien qu’en 2014, où il a directement conseillé Emergent Biosolutions ainsi que d’autres sociétés pharmaceutiques comme Bavarian Nordic. Kadlec a également été consultant pour des entreprises militaires et de renseignement, telles que la société Invincea, soutenue par la DARPA, et l’entreprise Scitor, soutenue par la NSA, qui a récemment été acquise par la SAIC.
Le travail de consultant de Kadlec pour des sociétés liées au renseignement lui a valu les éloges d’espions devenus entrepreneurs, dont Steve Cash – ancien officier de la CIA et fondateur de Deck Prism, elle-même une société de conseil qui a retenu Kadlec. Cash a récemment déclaré au Washington Post que « tout le monde aime le Dr Bob [Kadlec] », ajoutant qu’il était un « trésor national ».

À la veille de la guerre biologique

Kadlec avait certainement accumulé un trésor de pouvoir grâce à des relations très intimes dans le domaine du conseil et, à présent, le terrain était prêt pour une grande poussée visant à créer un organe officiel dans les couloirs du corps législatif ; une sorte de cabinet de conseil intégré pour promouvoir les conceptions de la clique de la guerre biologique.
Cette année-là, Robert Kadlec a mis sur pied un groupe d’étude parrainé conjointement par l’Institut Hudson et une filiale de l’IPPS, le Centre interuniversitaire d’études sur le terrorisme (IUCTS), dirigé par le Dr Yonah Alexander. Le Blue Ribbon Panel de Kadlec était présidé par le sénateur Joe Lieberman et comprenait la contribution indispensable de Tom Daschle, Donna Shalala et d’autres membres du club de politique de guerre biologique.
Le groupe d’étude a publié fin 2015 un rapport intitulé « A National Blueprint for Biodefense » appelant à 33 initiatives spécifiques, telles que la création d’un « système hospitalier de biodéfense » et la mise en place d’une « collaboration militaro-civile pour la biodéfense ». En outre, le panel a recommandé que le bureau du vice-président dirige un « Conseil de coordination » de la Maison Blanche pour superviser et guider la politique de biodéfense.
Un organisme officiel appelé la Commission bipartite sur la biodéfense serait formé peu après avec tous les membres du Blue Ribbon Panel et beaucoup d’autres comme le co-président de la Commission Tom Ridge et, sans surprise, Tevi Troy et Yonah Alexander, qui sont membres d’office. À leurs côtés se trouve Lewis « Scooter » Libby, ancien chef de cabinet de Dick Cheney et premier vice-président de l’Institut Hudson, qui se trouve être également le sponsor financier de la Commission.
Dans les remerciements, le rapport 2015 du panel comprend un hommage à Robert Kadlec, à qui ils attribuent le mérite de cette réalisation, qui n’existe que « grâce à la clairvoyance, à la tolérance et à l’optimisme perpétuel du Dr Robert Kadlec. Bob a compris qu’autant de progrès ont été réalisés dans l’effort national de prévention et de préparation aux menaces biologiques, mais qu’ils ne sont pas encore suffisants. Il savait qu’avec la bonne impulsion, nous pourrions faire beaucoup plus, et il a envisagé ce groupe comme un moyen d’atteindre cet objectif. Nous sommes heureux qu’il l’ait fait ».
Kadlec a monté cette dernière offensive alors qu’il était directeur adjoint de l’état-major de la commission du Sénat sur le renseignement du sénateur Richard Burr, un poste qu’il occupera jusqu’à la veille de l’élection de Donald Trump en 2016. Trump devait alors le désigner au poste d’ASPR et Kadlec serait confirmé au début du mois d’août de l’année suivante.
Il ne restait qu’une pièce du puzzle, mais il ne faudra pas longtemps avant que Robert Kadlec ne devienne le capo di tutti capi avec un subtil changement qui sera introduit dans l’ASPR de 2018 :

Titre III – Sec 301
1) DÉLÉGATION À L’ASPR – Le paragraphe (a)(1) de l’article 319F-2 de la loi sur le service de santé publique (42 U.S.C. 247d-6b) est modifié par la suppression de  » en collaboration avec le directeur des Centers for Disease Control and Prevention  » et l’insertion de  » agissant par l’intermédiaire du secrétaire adjoint à la préparation et à l’intervention « .

Remettez tout en question, tirez vos propres conclusions.
Whitney Webb & Raul Diego

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s