Le germe de la révolution-Pierre et les loups

Le germe de la révolution


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Publié le vendredi 3 décembre 2021

Auteur / source : Mark Mallett

Catégorie : Encouragements spirituels

Nombre de consultations : 835

Chers frères et soeurs, ce qui suit est une réflexion sur la révolution qui se répand actuellement dans le monde. Ce sont des éléments de connaissance importants pour comprendre ce qui se passe autour de nous. Comme Jésus l’a dit un jour : « Je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez ce que je vous ai dit. » [1] Cependant, la connaissance ne remplace pas l’obéissance ; elle ne doit pas se substituer à notre relation avec le Seigneur. Aussi, puisse cette réflexion vous encourager à une plus intense vie de prière, une plus grande fréquentation des Sacrements, davantage d’amour pour vos familles et votre prochain, et à une vie davantage ancrée dans le présent.

Traduction Pierre et les Loups

Lire le texte original en anglais sur le blog de Mark Mallett

Première publication sur ce blog le 18/11/2019. Traduction relue et corrigée le 3/12/2021.

Une Révolution est en cours dans le monde. Mais beaucoup n’en ont pas conscience. On pourrait la comparer à un énorme chêne. Vous ne savez pas qui l’a planté, qui lui donne la croissance, et vous ignorez chacune des étapes de sa vie en tant que jeune arbre. Vous ne le voyez pas davantage continuer à croître, à moins que vous ne vous arrêtiez pour examiner ses branches et les compariez à celles de l’année précédente. Néanmoins, sa présence s’impose à vous à la façon dont il s’élève devant vos yeux, dont ses branches bloquent les rayons du soleil, dont ses feuilles obscurcissent la lumière.

Il en va de même avec la présente Révolution. La façon dont elle est née et la direction qu’elle prend nous sont prophétiquement révélées dans [la Sainte Écriture].

Les arbres de vie

[Dans le Livre d’Ezekiel, au chapitre 47], nous lisons ce passage au sujet du « temple » depuis lequel de l’eau jaillit comme un torrent, apportant la vie à des arbres fruitiers le long de chacune de ses deux rives. « Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. » Nous avons là une très belle description de l’Église qui, à chaque époque, engendre des saints dont « les fruits serviront de nourriture, et les feuilles de remède. »

Mais tandis que ces arbres croissent, d’autres arbres prennent racine : les anti-arbres. Alors que les saints puisent leur vie au torrent de la Sagesse, les anti-arbres la puisent aux eaux saumâtres du sophisme — des raisonnements fallacieux dont la source jaillit du sanctuaire de Satan. Les saints s’abreuvent à la source de la vraie Sagesse, tandis que les anti-saints se nourrissent des mensonges du serpent.

Et ainsi, [dans] le Livre de la Sagesse, nous pouvons lire comment Dieu se laisse découvrir, non seulement dans l’homme lui-même…

… Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature.

Sg 2: 28

… mais Il se laisse également trouver dans la création :

Car la grandeur et la beauté des créatures font connaître par analogie Celui qui en est le Créateur.

Sg 13: 5

Cependant, le germe de la révolution commence à croître dans le terreau de la rébellion, chez ceux qui ignorent leur conscience et se détournent de l’évidence ; ceux qui, par vanité, suivent leurs propres paralogismes [raisonnements erronés].

… vous n’avez pas jugé avec droiture, ni observé la loi, ni marché selon la volonté de Dieu…

Sg 6: 4

« Ceux qui mettent en lui leur confiance comprendront la vérité. » [2] Car « il y a dans la Sagesse un esprit intelligent, saint, unique… elle traverse et pénètre toute chose en raison de sa pureté. » [3] Ainsi, le germe du Royaume de Dieu est l’obéissance, [et la crainte du Seigneur] le commencement de la Sagesse. [4]

À mesure que ces deux espèces d’arbres croissent côte à côte, tels de l’ivraie parmi le blé, les saints apparaissent de plus en plus comme des « clowns pour le Christ », comme des hommes et des femmes délirants, superficiels et faibles, qui gaspillent leur intelligence et leur potentiel. Le « sage », lui, est plutôt du genre « rationnel », « logique », « scientifique ». Ainsi,

Aux yeux de l’insensé, les justes ont paru mourir ; leur mort a été tenue pour un malheur, et leur voyage loin de nous pour un total anéantissement…

Sg 3: 1-5 (traduction libre depuis l’anglais)

Si le terreau de la révolution est correctement amendé, si les conditions du sol sont favorables, si les racines de la rébellion absorbent la juste quantité de doutes, de divisions, d’insécurités, et d’incertitudes, alors les anti-arbres croîtront suffisamment pour étouffer les « arbres de vie ». C’est-à-dire que l’apostasie commence à se répandre dans l’Église, parmi ces arbres qui ne sont pas solidement enracinés dans le terreau de l’obéissance, mais ont commencé à céder à l’esprit de compromission et de mondanité.

Allons, faisons alliance avec les nations païennes qui nous entourent. En effet, depuis que nous nous sommes séparés d’elles, il nous est arrivé beaucoup de malheurs.

1 M 1: 11

Et c’est bien souvent lorsque les arbres fidèles chutent dans la forêt de l’Église, que le terrain devient propice à une révolution décisive :

… Il sortit d’eux un rejeton impie, Antiochus Epiphane, fils du roi Antiochus… Le roi Antiochus prescrivit à tous les habitants de son royaume de ne faire désormais qu’un seul peuple, et d’abandonner leurs coutumes particulières. Toutes les nations païennes se conformèrent à cet ordre. En Israël, beaucoup suivirent volontiers la religion du roi, offrirent des sacrifices aux idoles, et profanèrent le sabbat.

1 M 1: 10

C’est alors que la révolution se transforme en une réforme radicale, usant de la coercition et de la force pour que tous se conforment au seul « narratif autorisé » et décrété par l’État :

C’est-à-dire la mondanité qui vous mène à une pensée unique et à l’apostasie. Aucune différence n’est autorisée : tous sont égaux… Ce n’est pas la belle mondialisation de l’unité de toutes les nations – chacune avec ses usages, mais unies – mais c’est la mondialisation de l’uniformité hégémonique, c’est la pensée unique. Et cette pensée unique est le fruit de la mondanité.

Arrive alors le moment de décision, l’heure d’être passés au crible, le temps de l’épreuve de la foi — de la persécution, l‘apogée de la révolution.

[L’expression « passer au crible »] est une mise en garde : Satan va tester [les chrétiens] pour voir s’ils seront tentés de renier leur foi pour sauver leur vie. Comme pour les grains de blé, ce passage au crible est une épreuve et une sélection afin de garder le bon grain, ceux qui resteront fidèles à Jésus quoi qu’il leur en coûte, et de se séparer du mauvais, ceux qui se détourneront de Lui par manque de courage.

fr.aleteia.org (ajout)

Si l’on découvrait chez quelqu’un un livre de l’Alliance, si quelqu’un se conformait à la Loi [du Seigneur], le décret du roi le faisait mettre à mort. Cependant, beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur. Ils acceptèrent de mourir pour ne pas être souillés par ce qu’ils mangeaient, et pour ne pas profaner l’Alliance sainte ; et de fait, ils moururent.

1 M 1: 57-63 (première lecture de la messe du 18 novembre 2019)

Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes.

— 1 Co 6: 19 (ajout)

C’est l’heure, non pas pour les saints d’avoir honte, mais d’être glorifiés pour la surabondance de leurs fruits. C’est le moment du témoignage héroïque.

Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant. C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage… je laisserai aux jeunes le noble exemple d’une belle mort, volontaire et généreuse, pour [avoir préféré obéir aux] vénérables et saintes lois [de Dieu, plutôt qu’à celles des hommes] … J’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. Telle fut la mort de cet homme. Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu.

2 M 6: 26-31

Je n’obéis pas à l’ordre du roi, mais j’écoute l’ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse. Et toi qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux, tu n’échapperas pas à la main de Dieu.

2 M 7: 30

Moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l’Alliance de nos pères. Que le Ciel nous préserve d’abandonner la Loi et ses préceptes ! Nous n’obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion, ni à droite ni à gauche.

1 M 2: 20-22

La révolution à nos portes

Tout comme très peu perçoivent la croissance d’un chêne immense, peu d’entre nous ont pris conscience de cette Révolution qui trouve son apogée à notre époque — révolution ayant commencé avec la période des Lumières au 16ème siècle — alors même que son ombre projette une terrible obscurité sur le monde entier. C’est à cette époque que le terreau de la colère populaire — colère due à la décadence au sein de l’Église, à la corruption des monarques, à l’iniquité des lois et institutions — fit place au terreau de la révolution. Cela commença avec la semence des sophismes, ces mensonges et notions philosophiques et subversifs qui prirent racine dans un sol fertile. Ces semences de mondanité germèrent et s’épanouirent, d’abord sous la forme de simples paradigmes, tels que le rationalisme, le scientisme et le matérialisme, pour ensuite devenir ces anti-arbres de plus en plus imposants que sont l’athéisme, le marxisme et le communisme, dont les racines étouffèrent l’espace réservé à Dieu et à la religion.

Cependant…

L’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain.

— PAPE BENOÎT XVI, Caritas in Veritate, n° 78

Et ainsi, nous en sommes arrivés au point où les anti-arbres dominent aujourd’hui le monde entier, projetant une ombre d’inhumanité, une culture de mort, à travers chaque continent. L’heure est arrivée pour le mal d’être considéré comme bon, et pour le bien de devenir tout simplement intolérable.

Cette lutte est en corrélation avec le combat apocalyptique décrit dans (Ap 11: 19-12: 1-6). Les luttes de la mort contre la vie : une « culture de mort » cherche à s’imposer à notre désir de vivre et de vivre pleinement… De vastes secteurs de la société ne sont plus capables de discerner ce qui est bien de ce qui est mal, et sont à la merci de ceux qui ont le pouvoir de « créer » l’opinion et de l’imposer aux autres… Le « dragon » (Ap 12: 3), le « prince de ce monde » (Jn 12: 31) et le « père du mensonge » (Jn 8: 44) tente sans relâche d’éradiquer du coeur humain le sens de la gratitude et du respect pour le don extraordinaire, authentique et fondamental de Dieu : la vie humaine elle-même. Aujourd’hui, cette lutte est devenue de plus en plus ouverte.

— Pape Jean Paul II, Homélie au Parc d’État de Cherry Creek, Denver, Colorado, 15 août 1993 ; vatican.va

Le moment arrive ensuite où ces « arbres de vie » seront considérés comme de vulgaires mauvaises herbes qu’il deviendra nécessaire d’arracher et de déraciner, et où les jardins dans lesquels ces arbres auront poussé pour y être cultivés, seront ensemencés d’herbes sauvages, et désertés.

Mais comme nous le rappellent [les Livres de la Sagesse et des Maccabées], le sang des saints devient la semence de l’Église — un triomphe qui commença sur la Croix et que rien ni personne ne pourra arrêter.

Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui. Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les a agréés. Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme des étincelles à travers le chaume ils courront. Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles…

Sg 3 : 4-8

Mark Mallett
The Seedbed of This Revolution


[1] Jn 16: 4
[2] Première lecture de la messe du 2 novembre 2019 (Sg 3: 9 ; traduction Bible de Jérusalem)
[3] Première lecture de la messe du 14 novembre 2019 (Sg 7: 22, 24)

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